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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 22:50

Comme un baptême et parce que je sais qu’une fois loin d’ici ma plume va s’emballer et puiser son encre dans mon cœur, je me lance dans le récit, dans mon récit. Celui de mes pérégrinations sur cette Terre qui ne tourne plus tout à fait rond et celui de mes divagations de l’esprit dans cette tête qui n’a jamais tourné bien rond. J’espère juste échapper aux jugements hâtifs et au manque de compréhension de certains, j’aimerais juste partager ma vision de cette aventure et en aucun cas me justifier d’un choix que beaucoup trouve « fou ».

 

D’autres donneraient à cet article un nom évocateur comme « pourquoi ce voyage ? » et se disculperaient de leur démission temporaire envers ce monde à grand coup de « parce que les paysages », « parce que le dépaysement », « parce que l’aventure », « parce que l’Homme » etc.... Moi j’ai mille raisons de partir et mille raisons de rester, alors ce qui fait poids dans la balance c’est tout mon être qui tend vers un ailleurs depuis si longtemps.

 

Le voyage sera pour moi une retraite, je me vois étouffant dans ce monde que je me tue à comprendre, alors la route sera une bouffée d’oxygène. A ce pourquoi lancinant, quelle thérapie ? J’ai l’impression de boire chaque jour mes pensées jusqu'à la lie, ivre de tout cela le départ sera peut être salvateur. Mais attention, je ne pars pas à la recherche d’un monde meilleur, il est tout aussi dur et parfois bien plus ailleurs, mais être de passage modifie certainement les choses. En effet, être de passage ne signifie pas seulement consommer un territoire, c’est aussi s’en imprégner grâce à tous ces gens qui seront sur ma route et qui me donneront chacun un petit bout de vie pour mieux comprendre tous les paradoxes d’un continent à l’image de notre monde. Ces rencontres, je l’espère, déposeront chacune une pierre contribuant à l’édification de mon Moi en me frottant à toutes ces visions de la vie, toutes ses expériences, tous ces sourires, tous ces dangers, tous ces petits bonheurs qui m’attendent.

Pour reprendre un homme qui a participé pleinement au mûrissement de ce voyage, je ne me considère pas comme un « apologue de l’errance » à me dire que je vais aller trouver ailleurs la pierre philosophale mais au contraire partir à la rencontre des hommes participe plus d’une quête de construction que de déconstruction du monde. Je le répète, je ne pars pas le poing levé car tout va mal ici, je veux juste m’offrir un regard différent sur le monde que celui qui m’est offert chaque jour par ces vomissures cathodiques imposant un chemin stéréotypé à nos pensées.

 

Je ne crois pas avoir envie de plus d’explications car le voyage a sa raison que la raison ignore et puis le mien sera un peu comme ces nuages auxquels on attribue souvent une forme bien personnelle, voire imaginaire. Alors ceux qui liront mes lignes accepteront de regarder avec moi vers le ciel pour qu’on y voit tous notre nuage.

 

Le prix à payer, parce qu’il y en a toujours un, c’est de s’éloigner de la famille et des gens que l’on aime. Mais j’allégerais mon sac à dos pour pouvoir charger mon cœur de belles images et de bons moments afin que leur amour me porte dans les étapes difficiles. L’idée d’embrasser de véritables parties de moi-même avant de prendre la route pour plusieurs mois m’effraye déjà, pourtant le choix est là et reculer m’obligerait à tricher et prendre encore une fois l’un de ces boulevards conventionnels en lorgnant avec envies sur tous ces chemins annexes.

 

La vie c’est comme un stylo, on écrit tant qu’il y a de l’encre. Moi j’ai un stylo quatre couleurs...

 

 

Américalement

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