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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 19:35

C’est le 25 que nous avons décollé de la sympathique auberge de Bozeman avec Alex en direction d’un endroit si longtemps rêvé. Une grosse heure de route nous attendait, mais elle allait vite se transformer en plus de 24h, comment ? Voici l’histoire :

 

Sur les coups de 11.00am nous étions sur la route à faire du pouce, en plein cagnard. Notre première expérience s’est faite dans le flou, pourtant une grosse 1/2h plus tard un petit van trimballant une remorque avec du matériel de planche à voile s’est arrêté. Nous sommes montés et avons fait la connaissance de Rodger un cinquantenaire plutôt fun vivant à Bozeman et partant à quelques km de Yellowstone pour faire de la planche avec ses amis. Une discussion nourrie s’est vite installée pendant laquelle Alex exprima sa connaissance et son gout pour la planche ; en ni une ni deux Rodger nous a invités à passer la journée avec eux. Nous étions donc en route pour une journée ensoleillée durant laquelle Alex a fait de la planche et moi j’ai partagé quelques bons moments avec Rodger et ses amis. Cette première expérience de stop s’est révélée être déconcertante mais terriblement excitante. En fin de journée Rodger nous a déposés non loin de notre route où nous avons passé notre première nuit sous tente. Nous l’avons senti triste de nous quitter car il semblait se reconnaitre dans notre aventure, à l’image de celle qu’il avait effectuée étant plus jeune.

 


 












Le lendemain, retour sur la route pouce tendu. Ce sont Rachel et Mike, deux étudiants, qui nous ont conduits à l’entrée nord du parc et nous ont recommandé de gouter le Buffalo Burger dans le village de Gardiner. Nous n’avons pas décliné la proposition car il nous fallait nous remplir le ventre avant d’entrer dans le vif du sujet, et en effet, le burger est à la dimension de la bête : énorme ! Repus, nous sommes partis à l’assaut du parc mais nous avons buté contre un premier obstacle logistique. En effet, impossible de laisser le surplus de sac que porte Alex et qu’il lui sera impossible de porter durant le trek. Alors, la seule solution que nous avons eue a été de rejoindre l’entrée ouest, par laquelle nous sortirons dans plusieurs jours. Trois voitures plus loin et plus de trois heures après notre entrée nous sommes arrivés à “l’information station” où, avec Bonheur nous sommes tombés sur la plus gentille des américaines qui nous a trouvé une place pour les sacs et un emplacement de camping à 9$ la nuit, le pied !


Bonne nuit, bonne douche, passage à la station de rangers pour fixer notre trek et rebelote au pouce pour gagner le départ du trail sur lequel nous avons passé 4j et 3 nuits. 5 miles le premier jour, avec un sac de près de 20kg, nous ont été nécessaires pour joindre le premier campsite où se sont mêlés paysages époustouflants, douces senteurs et vie sauvage. J’avais d’ailleurs sur moi un pepper spray (bombe de poivre) au cas où une grosse peluche se trouve surprise de nous voir sur son territoire et décide de nous attaquer. Le campsite où nous avons passé la nuit fut un véritable havre de paix où nous avons profité d’un feu pour discuter et lutter contre le froid en cette nuit très claire.






































Pour les trois jours suivant il suffit de prendre la même recette et d’y ajouter une pincée de solitude chaque jour pour imaginer le périple into the wild (en pleine nature). En effet, si les paysages sont difficilement descriptibles tellement ils représentent l’Eden, la solitude est tout de même très vite devenue pesante car nous avons croisé seulement 3 personnes en 3 jours. A cela il faut ajouter la dureté de la marche avec le sac et le dénivelé, la pression constante imposée par la présence des ours et le manque des proches qui commence à pointer le bout de son nez. Tout cela m’a fait flancher moralement au beau milieu et il a fallu lutter et se reposer sur les mots réconfortants d’Alex pour repartir de plus belle. Ce fut la première grosse plongée en moi-même, une introspection imposée par la marche et la solitude qui, je le sais, est bénéfique mais pas évidente à gérer. Enfin, après 4 jours de marche, à manger sur un réchaud militaire, dormir à même le sol dans un froid glacial et épier les moindres bruits nous sommes arrivés au bout du trail bien fatigués mais la tête remplie d’un rêve que nous avons parcouru bien éveillés. Yellowstone a tenu toute ses promesses et bien au delà. Ce parc restera à vie gravé en moi comme une petite terre sauvage à dimensions surréalistes, dans ce monde de profusion d’artefacts bien futiles, lorsque l’on voit le spectacle que la nature sait nous offrir.



























La suite de la journée nous a permis de rejoindre la sortie ouest du parc en stop où nous comptions passer une nuit. Arrivés là bas, nous avons voulu prendre connaissance des horaires de bus pour Salt Lake City et San Francisco, nos prochaines destinations. Et la surprise, alors qu’il était 4.00pm fût d’apprendre qu’un bus part à 12.00pm de Rexburg à 1h30 de route. Nous avons donc décidé de nous lancer et ne pas perdre de temps. Alors, c’est pas lavés depuis 4 jours, que nous reprenons notre eternal requite de stoppeurs. Une nouvelle fois, cela a très bien marché et nous sommes arrivés 3h30 plus tard à bon port. Il nous restait plus qu’à trouver la station Greyhound (compagnie de bus Nord-américaine la plus utilisée et la moins chère). Apres 1h de marche en ville et de multiples “ I don’t know where is it, sorry” la pression a commencé à monter et il a fallu un nouveau bon saint Maritain pour nous conduire à pas moins de 3 km de la sortie de la ville pour trouver notre point de chute temporaire. Depuis le début du voyage, quand je viens à parler de spiritualité avec mes interlocuteurs je leurs réponds que je ne crois pas en Dieu mais que j’ai la foi en l’Homme, toutes ces expériences, aussi minimes qu’elles soient, me confortent chaque jour dans cette approche que je partage avec Alexandre Poussin. Enfin, nos quelques heures d’attente avant le départ m’ont permis de faire un brin de toilette et d’imaginer brûler mes affaires qui étaient devenues comme une seconde peau. Finalement elles attendront un mélange d’eau et de savon de Marseille pour retrouver leurs qualités initiales dans la prochaine ville étape.

 

Cette ville étape est celle depuis laquelle j’écris aujourd’hui et dans laquelle je pose mon sac pour quelques jours afin de recharger les batteries et parcourir ces rues que l’on a si souvent vues a travers nos grands et petits écrans : San Francisco.

 


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commentaires

ame-voyageuse 12/03/2009 21:06

Ton aventures à l'air, incroyable, extraordinaire... magnifique!!!
je t'envie beaucoup et j'espère un jour avoir le temps et l'argent de partir comme tu l'as fait!!
étant une fille je suppose que ça doit être un peu plus difficile mais ce n'est pas impossible!!
en tout cas bonne continuation, et gardes précieusement tous ces souvenirs!!!

Nico 12/03/2009 21:51


Merci ame-voyageuse,

tu sais j'ai rencontré quelques filles, la plupart du temps en groupe mais quelques unes seules et qui s'en sortaient très bien. Ce n'est pas plus difficile je pense, les endroits a ne pas
fréquenter reste les mêmes et le manque de chance n'a pas de sexe. Alors si tu est animé par l'envie de partir n'hésite pas une seconde mais pars simplement et surtout avec un but car le voyage ne
devient noble que motivé et passioné.

Américalement.