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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 17:41

C’est assis dans le terminal de l’aéroport de San José, alors que ma soeur décolle vers Paris et que j’attend mon vol pour Quito que je débute ce récit qui a tout d’une épopée formidable entre frère et soeur.

Le Costa Rica c’est “Pura Vida” comme le disent ces habitants. Moi j’y ajouterais “Muchas Vidas” tellement ce pays recèle d’une richesse et d’une diversité incroyable.

Notre périple a débuté sous le signe des retrouvailles dans la fourmilière humaine de San José. Mais nous n’avons pas trainé à filer au coeur de la vallée centrale pour notre première étape.

Turrialba

Nous avons rejoint cette cité, gardée par volcan du même nom, en bus, comme a mon habitude. Un bus local ou, mélangés joyeusement à la population, nous avons découvert avec des yeux d’enfants la richesse de cette vallée découpée par les eaux issues d’un régime pluviométrique assez incroyable. Les yeux écarquillés à scruter ces escarpements ou chaque mètre carré est mis en culture, cet endroit est un véritable jardin d’Eden où il suffit d’entrouvrir les fenêtres pour laisser entrer une délicieuse odeur de café qui fini par vous envoûter. Ça y est nous étions conquis !

A Turrialba où nous avons posé les sacs pour deux jours nous avons continué à plonger l’un dans l’autre à force de longs échanges, afin de tenter de rattraper ce temps éloignés l’un de l’autre. C’est dans une petite pension familiale où les gérants nous ont accueillis dans une ambiance paternaliste très agréable que nous nous sommes complètement acclimatés à ce pays, et d’autant plus lorsque nous nous sommes risqué a notre première excursion. En effet, l’idée était de rejoindre un site archéologique à une petite heure de bus de la ville, or, au Costa Rica les gens ne connaissent pas forcément ces lieux et nous l’avons appris à nos dépend puisque après avoir réussi à trouver le terminal qui desservait le site, nous avons acheté un ticket à une jeune femme qui m’assurait que ce bus qui partait quelques minutes plus tard se rendait bien à Guyaba (ou quelque chose comme cela). Nous sommes donc montés dans ce bus souriant, un sourire que nous avons perdu plus d’une heure après lorsque le chauffeur nous a débarqué dans un hameau d’une quiétude sans pareil où le seul homme présent au bord de la route et sur lequel pesait le poids de l’attente, nous a affirmé qu’il n’y avait absolument pas de site archéologique ici, d’ailleurs il n’y a absolument rien semblait-il ajouter de son regard vide. Et effectivement, absolument rien ! Alors nous avons attendu près d’une heure un bus venant dans l’autre sens afin de rejoindre Turrialba, un bus où nous avons eu la surprise de retrouver ce même chauffeur qui nous avait déposé une heure plus tôt et qui posa sur nous un regard dont je me serais bien passé ! Une heure après, épisode terminé ; le premier de l’un des nombreux du périple.

Cahuita

Lendemain, départ matinal car nous voulions relier Cahuita, sur la côte caribéenne. Cette surprenante petite bourgade aux couleurs afro nous a régalé par son atmosphère décontractée, ces superbes plages et ces gens adorables. Sous une chaleur a peine croyable avoisinant les 35 degrés, ce sont probablement nos gênes qui ont parlé et qui nous ont conduit à louer de magnifiques vélos de type américain, des machines qui n’offraient pas de freins, des jantes qui touchaient allégrement les montants, des pneus sous gonflés et des chaînes interdisant la danseuse de peur, pour moi, d’hypothéquer mes chances de descendance. Alors, partis pour 6km, puisque nous voulions rejoindre le village voisin de Puerto Viejo, nous nous sommes vite rendus compte que l’homme qui avait écrit ce guide devait lui aussi être Costa Ricain. Et oui, les panneaux au bout de 6km de course (et oui on est des Duracka ou on l’est pas !) indiquaient Puerto Viejo a 13 km ! Pas un trait d’ombre, des vélos pitoyables, une forme limite, cela ne nous a pas arrêté et nous avons avalé les 19km en moins d’une heure en terminant l’étape sur des chemins dignes de la Tranchée d’Arenberg (Paris Roubaix). Puerto Viejo, c’était la même en couleur. Des plages paradisiaques, ambiance afro-jamaïcaines, gens sympathiques. Mis à part peut être une population anglo-américaine de routards atterris ici et un peu plus encombrante et surtout figée injurieusement dans leur anglophonie absolument pas à mon goût. Pour pallier à cela nous avons déjeuné dans un petit soda tenue par deux délicieuses dames venues du Nicaragua avec lesquelles nous avons passé plusieurs dizaines de minutes à discuter, avant de reprendre notre route. De retour à Cahuita avec près de 40km dans les jambes nous avons initié ce qui deviendra un rituel durant notre voyage : l’Impérial ! L’Impérial c’est la bière locale autour de laquelle, quasiment chaque soir, nous avons refait le monde comme nous savons si bien le faire lors de nos repas de famille ce qui me permettait d’y goûter de nouveau quelque peu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite du périple devait se dérouler à Guapiles, une ville qui accueil chaque dimanche un marché agricole. Cela était sans compter sur le flair du routard qui nous poussa à ressauter dans un bus direction La Fortuna car cette bourgade ne nous inspirait pas.

La Fortuna

Ce changement de plan nous fît arriver bien tard à La Fortuna, un village gardé par le géant Arénal que vous connaissez bien maintenant. Là bas, nous avons encore déniché un petit joyau, une petite auberge très calme, tenue par des gens bien sympathiques et qui surtout, bénéficiait d’une cuisinette avec un petit coin repas situé sous une tonnelle qui serait tout à fait digne d’accueillir de formidables barbecues. Au delà de ce délicieux endroit, cette bourgade n’offrait aucun charme particulier mis à part sa quiétude, peut être gardée par ce géant la vie ici est plus sereine… ou pas ¡

Les alentours cependant recelaient de mille richesses et l’une d’entre elle fit l’objet d’une marche entre frère et soeur qui nous conduit à la catarata (la chute) de La Fortuna que nous avons atteint après quasiment 7km de grimpette et une descente à pic dans le gouffre qui accueil l’une des plus belle chute d’eau qu’il m’ai était donné de voir. L’eau fait ici un bond de près de 70m avant de retomber dans un bruit assourdissant dans un bassin cerclé de pierres transformées en savonnettes par l’humidité et d’une végétation luxuriante. Subjugué par la beauté des lieux, j’ai tout de même enlever le haut et piqué une tête dans ce bassin naturel qui ne manque pas de dangers mais qui reste unique. La marche de retour a fini de nous épuiser et le soleil n’était pas couché depuis longtemps quand nous avons rejoint les bras de Morphée.

 

Le lendemain la mission, et je parle bien de mission, était de rallier l’observatoire situé sur les flancs du volcan où nous étions censés passer la journée et la nuit. Mais c’était sans compter sur la capacité des Costa Ricains (que j’aime profondément ne vous y trompez pas) à compliquer énormément les choses. En effet, montés dans le taxi en direction de ce que nous pensions être l’observatoire, le chauffeur nous a demandé le fax de réservation qui nous avait été remis la veille lorsque nous nous étions rendu dans un “tour”, un espèce de bureau de tourisme, pour faire la réservation. Or sur le fax le chauffeur nous apprend que ce n’est pas a l’observatoire que le type avait réservé mais a bien a 9km du volcan ! Stupeur, fatigue, colère, tout y est passé et nous avons continué vers ce fameux hôtel avec la ferme intention de changer les choses. Arrivés sur place le réceptionniste m’apprend que si nous ne venons pas il faut tout de même payer la totalité. Alors j’ai sorti un numéro pitoyable dont je ne suis vraiment pas fière mais qui a marché. Céline dont les traits étaient tirés par la fatigue et la déception fut au centre de l’histoire. J’ai feint qu’elle fût malade et que sa passion pour les volcans l’avait amené ici, où un homme avait fait une erreur de réservation. Je le supplia donc d’arranger les choses et quelques minutes après, nous partions avec l’annulation complète et gratuite de notre réservation vers l’observatoire. Observatoire où nous nous sommes cassés le nez car la réputation de ce lieu en remplie les chambres chaque jour. Nous avons donc été contraint de redescendre au village où j’ai poussé l’audace jusqu’à demander à ce fameux “tour” de faire quelque chose pour combler cette erreur (qui je le rappel était tout à fait gratuite et que je n’avais aucun droit de critiquer ). Alors, la femme présente a appelé l’observatoire (à coup sûr cette fois) et a réservé pour nous le lendemain à un prix tout a fait raisonnable. Nous, nous avons eu les nerfs en pelotes pour une partie de la journée jusqu’à relativiser et se rendre compte que les réflexes stressés et rigides de l’européen reviennent un peu trop vite ! Pura Vida !

La suite vous la connaissez bien et l’avait vécu en quasi direct live. Une journée juste incroyable où nous avons atteint l’observatoire sur le coup des 9h, chaussé les crampons et filé pour l’ascension du Cerro Chato, le voisin de l’Arénal qui renferme un lac de cratère. Un lac que nous n’avons même pas aperçu à cause de l’épaisse brume qui chapeautait ce volcan et qui lui conférait une ambiance mystique et aventureuse. Aventureuse… Si l’ascension l’était, obligeant à franchir végétation et immenses marches naturelles creusées par ruissellement et passages de randonneurs, la descente le fût d’autant plus ! Celle ci a été le lieu de plusieurs fous rires car mes chaussures, après avoir goûté à trois semaines d’asphalte au Maroc en Février, viennent de parcourir des milliers de kilomètres et souffrent d’une légère usure des semelles qui m’ôtait toute adhérence, et m’ont offert des sensations candeleresque a plusieurs reprises. Mais cette ascension ne fût finalement qu’un amuse gueule car le plat de résistance, le mets le plus exquis, fût le cadeau du géant. Celui-ci enveloppé depuis plusieurs jours dans une épaisse couverture nuageuse a décidé de se dévoiler à nos yeux l’espace d’une heure ou deux (le temps n’a plus de valeur dans ces moments là) pour nous offrir le spectacle incroyable d’un volcan fumant, éructant, crachant ces bombes dans un ciel d’un bleu azur découpant parfaitement sa silhouette élancée. Un pur moment de bonheur goûté dans le calme et la sérénité. Une fois recouvert, notre soirée a reposé sur ces nuages, en lévitation, nous étions bercés au rythme de ces grondements et de ces épanchements d’un rouge vif tranchant dans la nuit. Un moment juste unique.

Montezuma

Après quelques jours la tête dans les nuages, direction le Pacifique et plus précisément Montezuma à la pointe Sud de la péninsule de Nicoya. Une fois de plus nous avons profité de plages sauvages où il semblait que la main de l’homme n’ait jamais été posée…  Seulement ses pieds ont foulé le sable et c’est déjà un immense cadeau de la nature ! Mais Montezuma fût surtout une sorte de havre de paix où le temps ne s’écoulait pas à la même allure qu’ailleurs et où la population semble tout droit sortie d’une communauté d’hirsutes personnages prônant paix et amour dans un nuage de fumée hallucinogène. D’ailleurs, ces dernières années, Montezuma fût rebaptisée “Montefuma” par les gens de la péninsule ; mais croyez moi cela n’enlève rien a son charme. Là-bas, en plus de profiter de la plage et des lieux de quiétude, nous avons tenté de nous rendre sur trois cascades successives qui descendent de l’escarpement surplombant le village. Or, ayant déjà eu du mal à atteindre la première et notre tempérament d’aventurier étant largement entamé par la quiétude des lieux, nous avons préféré profiter longuement de la première et simplement admirer la beauté du site sans en vouloir plus.

Quepos

Après quelques jours au goût de retraite nous nous sommes dirigés vers notre ultime étape avant San José : Quepos. Mais comme nous le savions après nos expériences malheureuses nous ne voulions pas imaginer notre arrivée avant d’avoir franchi les obstacles de la route Costa Ricaine. Alors, ce fût tout d’abord un bus pour rejoindre Paquera (l’embarcadère du ferry) dont la compagnie pourrait être condamnée à 2300 ans de prison et 57 milliards d’euros d’amende (en Europe) pour le danger encouru. Ce bus qui nous a offert toute l’étendue de ses possibilités avec la complicité naturelle d’un chauffeur aux mœurs locales exacerbées. En effet, étant brimbalés dans un bruit d’enfer depuis plusieurs minutes celui-ci a eu le malheur de s’arrêter dans une pente relativement raide ce qui demanda un effort surhumain à la mécanique. Un effort tellement intense, que le bus ne se mut point et offrit une pétarade digne d’un 14 Juillet. Une fois le silence revenu on sentait les voyageurs tendus et haletants jusqu’à ce que le chauffeur réenclenche la première et finisse par arracher le vieillard au chemin et tirer un soupir de soulagement à tout le monde. Le chauffeur, quant à lui, a semblé vivre cet épisode tout à fait banalement comme un de plus dans la lente agonie de sa machine. Par la suite, le ferry, en meilleur état, apparemment, nous conduisis jusqu’à Punta Arena où tout s’emballa pour quelques minutes. En effet, nous avons couru pour rejoindre le terminal de bus (à 2km) en avalant un casado au passage et trouvant de quoi retirer de l’argent en un temps record. Enfin, alors que nous arrivions un bon quart d’heure avant le présumé bus, la réceptionniste m’affirma dans un ton légèrement ironique qu’il n’y a pas de bus pour Quepos le dimanche et que ce serait demain près de la plage. Un coup de massue sur la tête, fatigués par ces complications j’ai failli baisser les armes pour finalement me raviser et filer vers la plage afin de m’assurer de la parole d’une Costa Ricaine, et j’ai bien fait puisque la bas je suis tombé sur une gentille dame qui m’affirma tout simplement qu’elle même partait pour Quepos dans 5 minutes ¡ Inutile de faire un dessin de la situation, elle m’a expliqué ou était le bureau d’achat, j’ai couru aussi vite que j’ai pu et 5 minutes après nous montions le cœur palpitant dans le bus direction Quepos. Après avoir maudit cette réceptionniste, qui m’avait sciemment menti, nous avons une nouvelle fois plongé dans une bonne crise de rire, heureux de pouvoir atteindre notre destination et d’éviter une nuit dans cette ville aux allures glauques et froides.

Cette course-poursuite valait d’ailleurs le coup car nous sommes arrivés dans une auberge fort sympathique et, cosmopolite, où prédominait une ambiance décontractée et amicale. En ce lieu, si nous avons bien profité de la piscine où régnait convivialité et partage, nous avons surtout trainé nos guêtres dans le fabuleux Parc Manuel Antonio. Ce parc fût une sorte de concentré du Jardin d’Eden qu’est le Costa Rica où, au fil de notre marche, nous avons eu la chance de voir évoluer dans leurs milieux naturels : Oiseaux de toutes espèces, Singes, Iguanes, Caïmans, Araignées, Crabes, Capys, Serpents (et une frayeur pour Céline ¡) et Ratons Laveurs… Oui, aussi peu probable que ce soit il y avait des ratons laveur, et aussi peut probable que ce soit, ce sont eux qui nous laisserons le souvenir le plus ténu. En effet, alors que nous nous amusions de les voir cheminer sur la plage, deux par deux, à essayer de chaparder la nourriture des touristes nous avons subi une attaque en règle. L’un d’entre eux nous attendrissait à notre droite alors que son compère est apparu dans notre dos nous surprenant et me laissant tout juste le temps de récupérer la nourriture. Mais celui-ci ne s’est pas laissé tromper et a directement plongé vers le sac où trônais en première position le portefeuille de Céline.  Celui-ci, confondant certainement portefeuille et nourriture, où moins probablement, détenant un compte en suisse qu’il rempli avec l’argent des touristes, tenta de rendre la fin du voyage de ma sœur un peu plus compliquée en lui chipant son bien. J’ai donc risqué une main dans l’affaire (ces animaux ont des dents relativement acérées) mais j’ai récupéré la carte de crédit et les papiers de ma sœur au prix d’un bel effort et de l’aide d’un garde. Une situation pour le moins insolite dont je me serais bien passé une fois encore mais qui n’a pas manqué de nous faire rire sur le chemin du retour.

Enfin, les dernières heures de notre passage à Quepos ont été placées sous le signe de l’amitié, le genre d’amitié que le voyage sait vous réserver, un lien authentique et spontané dans un contexte favorable à l’intensité de l’échange avec des gens qui savent prendre ses moments à bras le corps. Ce sont donc Chris, Hélène, Charles et Emilie qui ont régalés nos derniers moments autour d’une bière, d’un café, d’un repas comme savent le faire les français que nous étions tous les six.

Haut : Charles, Chris et moi. Bas : Hélène, Celine et Emilie.

Après cela, nous avons rejoins San José où, dès le lendemain, nous attendaient nos avions : Céline vers Miami et Paris, moi vers Panama et Quito. L’aventure s’est terminée trop rapidement à notre goût et nous n’avons pas vu passé ces trois semaines tout simplement parce que l’amour d’un frère et d’une sœur se vit de manière intemporelle. Nous avons tenté avec succès de vivre ces moments le plus intensément possible et avec les yeux du bonheur et du partage, ce pays s’est, pour nous, changé en or.

A ma sœur que j’aime.

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commentaires

Elodie BOUILLER 04/12/2008 18:06

Oh ben ça ne m'étonne meme pas...de la bière (ou l'Impérial...)
Evidemment, refaire le monde est un rituel ac Céline...ms moi, je ne m'en pleins pas, j'adore ca aussi...ac elle tt particulièrement!
Cpdt, elle prétend avoir arreté l'alcool dps...dps le mois de mai si je me souviens bien...à confirmer!
Bye

celine 29/11/2008 15:45

A la lecture de ton récit, le fou rire me reprend. Te retrouver dans ce pays magnifique fut un bonheur, comme tout moment en ta compagnie. J'ai une chance enorme d'avoir un petit frère aussi formidable. Je t'aime. Cé

Nico 29/11/2008 19:17



C'était pas le premier trip et certainement pas le dernier ! La suite au prochain épisode !


Je t'aime. Bisous