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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:32

Après mes heures agréables à Valparaíso, qui se sont terminées par le partage du déjeuner avec Maribelle, une Colombienne qui habita longtemps chez Ingrid et Julio, et qui est maintenant leur voisine ; j’ai pris la route de la capitale.

 

A Santiago, j’ai commencé par commettre une erreur. En effet, j’avais réservé au préalable une auberge, par le biais d’un site qui m’avait été recommandé. Or, cette auberge, apparaissait aussi en tête du fameux guide anglo-saxon “lonely planet” et je me suis donc retrouvé dans le genre de lieu que je déteste. Au-delà du lieu qui était absolument magnifique, j’ai eu droit au genre de spécimen que j’appelle les “low backpackers” soit les “voyageurs sac à dos inintéressants”. Ceux-ci sont de jeunes anglo-saxons, pour la majorité, qui ne conçoivent le voyage que comme ils consomment une bière ; c’est-à-dire, vite, sans lever le nez, à l’excès, et surtout, sans respect de la collectivité. Se retrouver dans un dortoir avec trois ou quatre énergumènes comme ceux-là peut vite transformer un séjour en cauchemar. Pour ma part, dès le premier matin, j’ai petit-déjeuner avec Linda, une hollandaise qui partageait ma vision des choses concernant nos “low backpackers” et qui m’invita à fuir et découvrir Santiago. Je lui ai donc emboité le pas et nous avons parcouru ensemble le Cerro San Cristóbal et le Cerro Santa Lucia. En rentrant nous avons rencontré John, un Londonien sur le retour, qui nous proposa un resto sympa à deux pas de l’auberge, où nous avons mangé dans un décor viking, assez en rupture avec la culture chilienne, mais cependant très agréable.





Le second jour j’ai largement flâné dans mon quartier et surtout profité de ma soirée pour enfin aller voir le long métrage concernant Ernesto Guevara. En effet, depuis plusieurs semaines je cherchais à voir ce film et ici l’occasion s’est présentée. Je me suis régalé d’un bon moment cinématographique, dont les plaisirs me manquent depuis 6 mois. En réalité ce ne fût pas vraiment un régal, car, au-delà de la qualité du jeu de Benicio del Torro, et de la parfaite réalité des faits, je fus triste de voir une énième peinture de cet homme en tant que guerrier. En effet, il est indéniable qu’il fût “comandante” mais j’aurais aimé qu’un film offre enfin les clés de compréhension de ce choix. Guevara était un homme de foi, qui croyait plus fort que tous en ses idéaux et qui dut à un cheminement politico-intellectuel son statut de militaire. J’aurais donc aimé que ce cheminement ne soit pas occulté car, pour la majorité de ceux qui iront voir ce film, sans connaissance particulière de l’homme, ils verront l’image d’un guerrier qu’il n’était pas se renforcer dans leurs esprits. C’est bien dommage, car comme disait Sastre dans les années 60, “Guevara est l’homme le plus complet de notre génération” il a donc encore bien des choses à nous offrir de son défunt, encore faudrait-il que l’on veuille ouvrir les yeux sur ce qu’il était vraiment.



 










 Plaza del armas a Santiago.                                           La Chascona, la maison de Pablo Neruda.



Enfin, de Santiago je garderai l’image d’une capitale sympathique qui, à l’image de Paris, vit un été étouffant sous une chape de plomb, et qui reste malheureusement un peu éloigné de ce que peut être le Chili.

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