Le lendemain matin j’ai repris mon sac sur le dos et marché pour rejoindre le Hard Rock Hotel pour récupérer
ma voiture de location. En effet, l’idée de payer 100$ pour prendre un bus qui fait l’aller retour en une journée, non merci. J’ai donc marché une heure sous un soleil de plomb (28-29 degrés à
8am) avant d’atteindre le premier but qui s’est révélé ne pas être le bon et où j’ai vu défiler un balai de personne, toutes plus incapables de m’aider les unes que les autres. Le second but,
quelques centaines de mètres plus loin m’a permis de enfin rencontrer des personnes au courant de la localisation de ma voiture : à l’aéroport ! Pourquoi ? Je ne sais pas trop mais le
chauffeur de taxi affrété par la compagnie de location m’a donné sa version selon laquelle les ordinateurs étant vieux, lorsque l’on fait une réservation par Internet ils se trompent parfois…
hein hein. Enfin arrivé là bas à 10.15 au lieu de 9am j’ai pris possession de la voiture pour me lancer sur la route en direction du grand canyon. J’ai fait 5h de route en débutant par le barrage
de Hoover assommé par un soleil comme rarement j’en ai vu, et prolongé ma route par des paysages une nouvelle fois complètement extraordinaires, sortis tout droit d’une bande vidéo et surtout
très changeants. Le Nevada dans sa partie sud ressemble au Nevada dans sa partie nord c’est à dire chaud, complètement désertique et légèrement montagneux. L’entrée dans l’Arizona offre petit à
petit plus de végétation pour finalement atteindre le stade de la forêt type méditerranéenne dans la région de Stigman et Williams. Ensuite, tout redevient petit à petit plus désertique tout en
gardant son caractère très méditerranéen en direction du Grand Canyon.
Et alors, à ce stade, après m’être acquitté de mon droit d’entrée de 25$, j’ai eu le droit au plus beau spectacle à ce jour. Je me suis retrouvé devant cet immense sillon creusé par les eaux
tumultueuses du Colorado au sein des couches sédimentaires, vestiges d’un passé de plusieurs millions d’années, comme un livre ouvert sur l’histoire de la Terre. Une nouvelle fois, pour moi qui
ai tant étudié ces mécanismes de morphogénèse à l’origine de ces paysages et qui suis totalement admiratif devant la complexité et l’efficacité de ces systèmes environnementaux, je n’ai pu
m’empêché de laisser s’échapper toute mon émotion et mes ressentis par l’intermédiaire de mes canaux lacrymaux. Il faut véritablement le voir pour y croire et c’est devant ce genre de joyaux que
je comprends que l’on ne puisse imaginer autre chose que la main de Dieu en ces lieux, et moi le premier je me suis dit que si je n’avais pas connaissances et conscience des mécanismes en jeu,
j’aurais tendance à croire qu’une puissance divine a fait de ce lieu une aire de récréation où il s’est adonné au façonnement comme le ferait un enfant sur une plage. Le clou du spectacle, comme
pour me dire “ne lâche rien, continu, c’est pour cela que tu voyages”, fut le coucher de soleil sur le canyon. Un balai de couleur inimitables conféré par le soleil ardent, les différentes
couches de roches, les ombres créent par les formes et les nuages ont fait de cet instant un instant marqué d’un sillon dans ma vie, peut être une prise de conscience complète de la valeur de ce
voyage.
Et comme si j’en étais pas complètement convaincu, dans la minute qui a suivi la disparition du soleil je proposais a trois personnes de les prendre en photos, ce qui aller être le déclencheur de la plus belle rencontre à ce jour. Attention je parle là de la rencontre, l’acte, car il a eu cette spontanéité entière et complète que je n’avais encore jamais trouvé. En effet, les autres rencontres se sont faites par l’intermédiaire de couch surfing ou pour quelques minutes d’échanges au détour d’une rue. Là il y a eu échange de quelques phrases et tout de suite la proposition d’un diner et d’un partage d’une soirée, ce qui dans cette spontanéité a conféré la véritable grandeur de mes hôtes : Fabrice, Anne Laure et Meline. Vraiment cela relève de l’incroyable, juste quelques paroles au dessus du grand canyon et nous voila partageant un formidable diner sur une table en fer du camping de canyon village. Discutant du voyage, de l’aventure, des choses de la vie dans une simplicité parfaitement pure et belle. C’est cela que j’aime, être inconnu et pourtant pouvoir s’admirer pour les qualités que l’on propose simplement et humblement. Je suis complètement conquis par ce genre de rencontre, d’autant plus après que la nature m’est fait un cadeau comme j’en ais eu, Ces trésors humains apportent une pierre de plus à l’édifice de mon voyage et sont venus en consolider les bases. Cependant, je me pose encore la question : “comment remercier?” car de simples mercis me semblent tellement dérisoires. Alors je crois qu’il faut simplement savoir apprécier pleinement ces moments et donner de sa personne en faisant que l’échange soit complet pour profiter de chacune de ces secondes qui valent de l’or lorsque l’on est loin.
Depuis le Grand Cayon où j’ai passé une seconde journée à le suivre en
direction du désert de l’Arizona
j’ai rejoins Vegas où je devais sauter
dans un bus pour le Mexique. Finalement arrivé à la station de bus, le bus étais complet ce qui m’a obligé à passer une nouvelle nuit dans l’enfer du jeu. Mais dans cette mésaventure j’ai tout de
même la chance de pouvoir passer la nuit dans une de ces villes au monde qui ne dort pas. J’ai alors erré d’attraction en attraction, passé 2 heures avec David et Nani, deux espagnols en partance
pour Tijuana et lutté contre un sommeil qui pouvait me faire louper ce bus que j’ai tellement attendu. A 6.20 am je m’endormais dans ce bus en direction de El Paso (texas) puis Chihuahua au
Mexique d’où je vous écris aujourd’hui.
La suite au prochain épisode, caramba!
Certains penseront, mais pourquoi va t’il là bas ? Et bien moi aussi je me suis posé la question, longuement
hésité à plonger directement vers le Mexique car la vie aux Etats-Unis, même si elle ne me repousse pas, ne me convient pas vraiment. Puis finalement, moi qui veux ouvrir les yeux sur ce monde et
ces contrastes il me fallait vivre cette expérience, et puis elle était la route du Grand Canyon qu’il aurait été dommage de louper.
Pour ceux pour qui la vision de cet endroit évoque directement un endroit d’une richesse artistique, musicale
et narcotique incomparable, et bien ce n’est rien à coté de ce que vous pouvez imaginer. Pour ceux qui ne connaissent pas il vous faut être sensible aux cotés extravagants de l’espèce humaine. En
effet, Venice Beach c’est le tout extrême, extrême dans l’art et son expression (voir les photos de l’immeuble dans lequel j’ai vécu et sa terrasse), extrême dans l’importance de l’image avec son
front de mer à l’image des films (Basketball, femmes en roller, bodybuilder…) et extrême dans la consommation de produit interdit (bipppppp……). Pour moi L.A s’est limité à Venice, pas envie
d’aller voir les payettes et surtout pas le courage d’affronter l’immense difficulté que représente les transports en commun dans L.A puisque cette ville a été construite uniquement pour ces
belles voitures toujours plus grosses et flamboyantes. Mais Venice Beach était réellement pour moi incontournable. Vous n’imaginez pas mon émotion en foulant les pas d’un certains Jim Morrisson
et plus encore lorsque j’ai appris que la terrasse mitoyenne à celle de l’immeuble où je me trouvais fut celle qui lui servi de logis lors de ces nombreux mois d’errance dans Venice Beach et
surtout l’un des endroits où il s’adonnait à la lecture et l’écriture de nombreux poèmes et nombreuses chansons.
Le 5 j’ai donc quitté SF au matin pour rejoindre vers 12h (toujours grâce au célèbre Greyhound) la petite
ville de Santa Cruz apparemment très réputée pour son calme et sa beauté. Alors, en effet, cette charmante petite ville californienne au demeurant très touristique à su se montrer accueillante et
agréable pour y passer une après midi. Et oui, dans mon planning je ne faisais qu’un bref passage dans la bourgade où j’ai d’ailleurs retrouvé Alex avec plaisir. Nous avons profité des terrasses
ombragées, de la rue piétonne et de la superbe plage avant que je reprenne le chemin de la station de bus vers 21h. Alors là, une nouvelle fois la magie de l’improbable rencontre a opérée lorsque
trois jeunes filles curieuse de nous voir porter nos gros sac nous ont demandé d’où nous étions et où nous allions. Alors une discussion s’est nouée et a débouché sur la proposition d’aller
prendre la température de la soirée grecque qui se déroulée deux rues plus loin. Il me restait 1h alors nous leurs avons emboité le pas pour découvrir une formidable ambiance faite de danses
traditionnelles et arrosée d’ouzo (l’alcool grec). J’ai donc enflammé l’heure qu’il me restait à vivre à Santa Cruz en dansant et buvant avec mes amis éphémères. A 10h il était temps pour moi de
sauter dans le bus direction L.A, j’ai donc laissé Alex dans ce lieu enivrant et ne sais toujours pas, à l’heure qu’il est, si il en est sorti intact !
gout pour la planche ; en ni une ni deux Rodger nous a invités à passer la journée avec eux.
Nous étions donc en route pour une journée ensoleillée durant laquelle Alex a fait de la planche et moi j’ai partagé quelques bons moments avec Rodger et ses amis. Cette première expérience de
stop s’est révélée être déconcertante mais terriblement excitante. En fin de journée Rodger nous a déposés non loin de notre route où nous avons passé notre première nuit sous tente. Nous l’avons
senti triste de nous quitter car il semblait se reconnaitre dans notre aventure, à l’image de celle qu’il avait effectuée étant plus jeune.
village de Gardiner. Nous n’avons pas décliné la proposition car il nous fallait nous
remplir le ventre avant d’entrer dans le vif du sujet, et en effet, le burger est à la dimension de la bête : énorme ! Repus, nous sommes partis à l’assaut du parc mais nous avons buté contre un
premier obstacle logistique. En effet, impossible de laisser le surplus de sac que porte Alex et qu’il lui sera impossible de porter durant le trek. Alors, la seule solution que nous avons eue a
été de rejoindre l’entrée ouest, par laquelle nous sortirons dans plusieurs jours. Trois voitures plus loin et plus de trois heures après notre entrée nous sommes arrivés à “l’information
station” où, avec Bonheur nous sommes tombés sur la plus gentille des américaines qui nous a trouvé une place pour les sacs et un emplacement de camping à 9$ la nuit, le pied
!
pouce pour gagner le départ du trail sur lequel nous avons passé 4j et 3 nuits. 5 miles le premier jour, avec un sac de près de 20kg, nous ont été
nécessaires pour joindre le premier campsite où se sont mêlés paysages époustouflants, douces senteurs et vie sauvage. J’avais d’ailleurs sur moi un pepper spray (bombe de poivre) au cas où une
grosse peluche se trouve surprise de nous voir sur son territoire et décide de nous attaquer. Le campsite où nous avons passé la nuit fut un véritable havre de paix où nous avons profité d’un feu
pour discuter et lutter contre le froid en cette nuit très claire.