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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:25

Il y a de ces villes qui vous happent, insidieusement, doucement, tranquillement. De ces villes qui n’offrent pourtant pas un cadre extraordinaire mais qui vous touchent parce qu’elles arrivent à un moment clé de votre voyage. De ces villes qui, quoi qu’il advienne, laissent une trace tenue en vous. Valdivia fera partie de celle ci.







 

 

Cette ville de 140 00 habitants, fondée par le célèbre Pedro de Valdivia (conquistador espagnol) à la confluence de trois rivières, Calle Calle, Valdivia et Cau Cau, et à une dizaine de kilomètres de la côte Pacifique, est d’un charme particulier à mon gout. En effet, alors que l’été règne dans l’hémisphère sud, l’ambiance plutôt fraîche de cette bourgade, son architecture faite de maisons de bois très coloré et les odeurs de pêche qui fluent sur les quais sont des appels au grand sud dont la Patagonie toute proche en est l’essence. Pour moi qui ne peux continuer vers ces terres toujours plus australes, Valdivia fut un avant goût, une sorte de fenêtre sur ce monde dans le monde.

 

Par ailleurs, la ville fut le lieu d’une de ces rencontres comme le voyage sait les réserver. En effet, j’y ai partagé quelques moments forts agréables avec Michel, Bernard et Eric, trois français dont l’accent chantant venu du sud de la France enchantait mes discussions toutes plus passionnantes les unes que les autres. D’ailleurs, j’ai eu la chance d’en apprendre un peu plus sur les rouages et les expériences humanitaires puisque Michel n’est ni plus ni moins que l’un des fondateurs de Médecin du Monde. Celui-ci m’a par ailleurs très gentiment conseillé de me lancer dans l’aventure si cela me tente car il lui semble que j’ai toutes les qualités requises à ce genre d’entreprise et j’en suis fortement flatté. Voila une nouvelle porte qui s'ouvre sur l'avenir, un avenir que ce voyage éclaire d'ors et déjà. Avec Eric j’ai eu loisir de lui faire découvrir les joies du partage du mate, cette boisson argentine que l’on boit entre amis. Et enfin j’ai appris, après quelques discussions et à ma grande surprise, que Bernard est le papa de Olivier et Wilfried Jourdan, chanteur et clavier du très très bon groupe de rock les HushPuppies originaire de Perpignan. Voila comment à 10 000 km de la France, dans un village du sud Chili, on peut faire des rencontres improbables et fantastiques.

 

Après ces quelques jours Valdiviesque j’ai repris la route en direction de l’Argentine et notamment San Carlos de Bariloche et un nouveau passage de frontière. Mon passeport commence à manquer de place et de voir les douaniers chercher désespérément une place libre pour y accoler le tampon national me réjouis de plus en plus.

 







Américalement

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:40

Une petite nuit de bus et j’arrivais à Pucón, plus au sud, dans la région des lacs. Pucon, à la manière d’Atitlan au Guatemala, offre la magie de la communion entre Poséidon et Vulcain. Cette petite bourgade, où il suffit de lever les yeux pour admirer le sommet enneigé du volcan Villarica et s’approcher du lac du même nom pour sentir le souffle léger du vent naissant en son cœur, a un aspect de village suisse avec la couleur chilienne en plus et l’odeur de l’Asado (viande grillée au barbecue) qui remplace celle de la fondue. Pucón et sa région sont un petit coin de paradis, peut-être légèrement touristique à mon gout, mais les activités foisonnent et permettent de s’échapper de la masse au sein des grands espaces. J’y ai résidé dans une petite auberge bien familiale tenue par Peter, un néerlandais expatrié qui s’efforce de faire régner amicalité et joie de vivre en ces lieux.


 












 

Entre ces murs, j’ai rencontré Ana, une chilienne de 34 ans, chanteuse à Santiago et en vacances pour quelques semaines dans la région. Originaire de Patagonie, j’ai eu l’immense bonheur de partager avec elle ma culture française et sa culture chilienne fortement imprégnée de tradition Mapuche (indiens du sud chilien). Enfin, à Pucón, après avoir passé une journée sur les célèbres sources d’eau chaude de Los Posones, j’ai dû remballer mes désirs de découverte de la région, et laisser place à la frustration engendrée par le mauvais temps qui s’est abattu durant deux jours sur la ville et qui ma poussé à la quitter pour mon ultime étape chilienne : Valdivia.


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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:32

Après mes heures agréables à Valparaíso, qui se sont terminées par le partage du déjeuner avec Maribelle, une Colombienne qui habita longtemps chez Ingrid et Julio, et qui est maintenant leur voisine ; j’ai pris la route de la capitale.

 

A Santiago, j’ai commencé par commettre une erreur. En effet, j’avais réservé au préalable une auberge, par le biais d’un site qui m’avait été recommandé. Or, cette auberge, apparaissait aussi en tête du fameux guide anglo-saxon “lonely planet” et je me suis donc retrouvé dans le genre de lieu que je déteste. Au-delà du lieu qui était absolument magnifique, j’ai eu droit au genre de spécimen que j’appelle les “low backpackers” soit les “voyageurs sac à dos inintéressants”. Ceux-ci sont de jeunes anglo-saxons, pour la majorité, qui ne conçoivent le voyage que comme ils consomment une bière ; c’est-à-dire, vite, sans lever le nez, à l’excès, et surtout, sans respect de la collectivité. Se retrouver dans un dortoir avec trois ou quatre énergumènes comme ceux-là peut vite transformer un séjour en cauchemar. Pour ma part, dès le premier matin, j’ai petit-déjeuner avec Linda, une hollandaise qui partageait ma vision des choses concernant nos “low backpackers” et qui m’invita à fuir et découvrir Santiago. Je lui ai donc emboité le pas et nous avons parcouru ensemble le Cerro San Cristóbal et le Cerro Santa Lucia. En rentrant nous avons rencontré John, un Londonien sur le retour, qui nous proposa un resto sympa à deux pas de l’auberge, où nous avons mangé dans un décor viking, assez en rupture avec la culture chilienne, mais cependant très agréable.





Le second jour j’ai largement flâné dans mon quartier et surtout profité de ma soirée pour enfin aller voir le long métrage concernant Ernesto Guevara. En effet, depuis plusieurs semaines je cherchais à voir ce film et ici l’occasion s’est présentée. Je me suis régalé d’un bon moment cinématographique, dont les plaisirs me manquent depuis 6 mois. En réalité ce ne fût pas vraiment un régal, car, au-delà de la qualité du jeu de Benicio del Torro, et de la parfaite réalité des faits, je fus triste de voir une énième peinture de cet homme en tant que guerrier. En effet, il est indéniable qu’il fût “comandante” mais j’aurais aimé qu’un film offre enfin les clés de compréhension de ce choix. Guevara était un homme de foi, qui croyait plus fort que tous en ses idéaux et qui dut à un cheminement politico-intellectuel son statut de militaire. J’aurais donc aimé que ce cheminement ne soit pas occulté car, pour la majorité de ceux qui iront voir ce film, sans connaissance particulière de l’homme, ils verront l’image d’un guerrier qu’il n’était pas se renforcer dans leurs esprits. C’est bien dommage, car comme disait Sastre dans les années 60, “Guevara est l’homme le plus complet de notre génération” il a donc encore bien des choses à nous offrir de son défunt, encore faudrait-il que l’on veuille ouvrir les yeux sur ce qu’il était vraiment.



 










 Plaza del armas a Santiago.                                           La Chascona, la maison de Pablo Neruda.



Enfin, de Santiago je garderai l’image d’une capitale sympathique qui, à l’image de Paris, vit un été étouffant sous une chape de plomb, et qui reste malheureusement un peu éloigné de ce que peut être le Chili.

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:44

De l’Argentine mon passage au Chili fût salué par le plus haut sommet d’Amerique du Sud, l’Aconcagua.

 

Arrivé en cette ville portuaire située à 100 km au nord ouest de Santiago, l’air venu de l’océan Pacifique apportait un peu plus de douceur à mes soirées. Mais, de douceur je n’en manquerais pas durant mon séjour puisque à peine débarqué, j’ai été interrogé par une gentille dame qui me demanda d’où je venais et ce que je venais faire ici. Pour que quelques minutes bien souriantes après, elle me guide chez elle en m’ayant proposé de partager la vie de sa famille et de me loger dans une chambre qu’elle loue à des étudiants durant l’année universitaire. Je n’ai pas hésité et j’ai bien fait car j’ai passé trois tours hauts en couleurs chez Ingrid et Julio. Les Chiliens se couchent très très tard, écoutent la musique très fort, parlent fort, boivent beaucoup de bière et de vin et aiment partager du temps entre amis et famille. Soit ! Voila comment j’ai occupé mes soirées et j’en fus comblé car j’ai appris une multitude de choses sur leur vie, leurs occupations, leurs attentes, leur regard sur le monde extérieur et surtout sur les années de dictature qu’ils ont vécu plus jeunes. Cette expérience fût éreintante car le matin, quand mes hôtes restaient au lit jusqu’à 10 ou 11h, et bien moi je filais de bonheur parcourir les rues escarpées et colorées de Valpo.

 

Cette ville, au delà d’être un port à trafic international et la dernière ville de résidence du célèbre poète chilien Pablo Neruda, est d’une beauté époustouflante et notamment le Cerro Bellavista ou de nombreux artistes ont laissé libre court à leur talent sur les murs du quartier. J’ai eu par ailleurs la chance de prendre les célèbres “ascensores” qu’empruntent énormément les habitants pour gravir les pentes de la ville et qui permettent d’atteindre les “Cerro”, ces collines qui offrent de très beaux points de vue sur l’océan et le bas de la ville.

 

Valparaíso est cependant une ville relativement pauvre où les quartiers populaires, comme celui où je vivais, sont nombreux. Cette ville allongée le long de l’océan ne ressemble à aucune autre et offre un caractère poignant et contrasté entre la ferraille et la rouille du port, et les couleurs qui couvrent les “cerro”. Je comprends pourquoi Neruda est venue exprimer sa poésie en ces lieux. Il eu écrit d’ailleurs entre les murs de la “Sebastiana” (sa maison du cerro Bellavista): “Si yo fuera creyente, diría que Valaparaiso es la mejor obra de dios” soit “Si j’étais croyant, j’aurais dit que Valparaíso est la plus belle oeuvre de dieu” Pablo Neruda.

 

Américalement.

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 04:45

Hier près de 3 millions de français étaient dans la rue pour tenter de se faire entendre et de montrer leur refus face à cette régression inacceptable. Aujourd'hui, sur l'autel d'une "crise économique" instituée par un système devenu fragile et des malades de la finance nous voilà en train de faire des pas en arrière toujours plus grands ! Comment une société dont les pères ont lutté parfois jusqu'à la mort pour obtenir les droits et les fondements qui faisait la France il n'y a pas si longtemps pourrait rester là les bras croisées ? Je me le demande et je suis de tout mon être en accord avec le mouvement qui a porté les gens à fouler le pavé hier.

 

Je suis trop loin et trop peu informé pour épiloguer mais je crois qu'il est du devoir de tous de réagir car un peuple sans conscience collective est un peuple malléable, au plus grand bonheur de nos dirigeants !

 

Depuis près de 6 mois j'ai le bonheur de partager ma vision du continent américain alors si certains trouvent autant d'intérêt à échanger sur la situation économico-sociale du monde à l'heure actuelle, je le ferais avec plaisir. Aujourd'hui je suis fier d'être français pour une chose, notre faculté de contestation historique. En effet, auprès des voyageurs et surtout des populations locales j'ai eu souvent l'occasion d'entendre les gens exprimer leur respect et leur envie par rapport à nos soulèvements sociaux qui représentent pour eux une chance et une force, eux dont bien souvent la conscience politique est fortement aiguisée.

 

Pour tout ceux que la frénésie économique du "toujours plus pour eux, toujours moins pour les autres" laisse tous les jours sur le bord de route et qui osent croire que ce retour en arrière sera stoppé par l'intelligence du Peuple.

 

Américalement

 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 14:51
" Toutes les routes sont bonnes pourvu qu'on les suive jusqu'au bout "  Yvon Rivard.
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 19:32

 

Après mon escapade Bolivienne et mon arrivée mouvementée dans le nord de l'Argentine, j'ai eu la chance d'aller à la rencontre d'un pays extraordinaire. Quelques jours pour commencer, à Salta, m’ont donné un goût bien sympathique. J'y ai planté la tente dans le camping municipal et ai profité de l'été qui y régnait pour retrouver l'ambiance d'une terrasse où la douceur d'une sieste à l'ombre de la plaza 9 de Julio. En effet, la chaleur étant telle et la coutume m'y poussant, entre 13h et 17h le repos était inévitable et rendait les rues désertes. Par ailleurs, à Salta j'ai pu reprendre goût à la nourriture et notamment à la viande. Après plus de 4 mois à manger du poulet, du riz et des frites j'ai pu vérifier la réputation Argentine en termes de viande et mes papilles ont subi l'un des chocs émotionnel les plus intenses depuis quelques mois au contact de cette délicieuse viande fondante à souhait et formidablement bien cuisinée. J'ai même eu droit à quelques légumes par endroits alors mes repas se transformaient en festins ! Enfin, à deux jours du départ, le destin a encore joué un de ses tours favoris, avec mes deux amis australiennes. En effet, alors que je partageais un verre avec deux rencontres Suisses j'ai aperçu Tess et Amyh à quelques mètres de moi (alors qu'elles avaient prévu de rejoindre le Brésil par avion depuis la Bolivie), je me suis donc précipité et leur ai fait une belle surprise puisqu'elles non plus ne me savaient pas ici. Elles partaient pour Cordoba et rejoignaient Mendoza deux jours plus tard, nous avons donc décidé très joyeusement de nous retrouver là-bas pour fêter ensemble mes 25 ans.


            Par la suite, après avoir dû attendre une journée supplémentaire à Salta faute de place dans le bus - et oui, les argentins utilisent énormément le bus et surtout les weekends et durant les vacances - j'ai filé vers Mendoza le lundi 19. Dans le bus j'ai fait connaissance de Joëlle, une très sympathique et dynamique française qui voyageait seule elle aussi. Avec elle et mes amies Tess et Amyh j'ai passé quatre jours absolument extraordinaires dans l'une des plus jolies villes que j'ai eu la chance de visiter à ce jour.
Le 21 janvier fût un jour particulier car il s'agissait de fêter mon passage au quart de siècle et ce ne fût pas raté ! Nous sommes partis tout les quatre au matin direction Maipu (un village en périphérie de Mendoza) où nous avons loués des vélos afin de passer la journée entre les célèbres vignobles de la région. Il est bien évident que visites et surtout dégustations se sont enchainées sous un soleil de plomb mais surtout dans la rigolade et le partage. A 20h nous rendions les vélos en zigzagant quelques peu et rentrions prendre une douche pour finir la soirée en beauté autour d'une bière pour moi et d'une bouteille de vin pour les filles. Un anniversaire bien arrosé dont je me souviendrai à vie tellement il fut original.

Mendoza fût pour moi un petit paradis où les habitants se sont transformés en anges d'une amicalité incroyable et d'une joie de vivre hors du commun. C'est donc avec déchirement que j'ai quitté cette terre pour passer une nouvelle frontière en direction de Valparaiso au Chili.


Le voyage vers ce pays longiligne que j'ai déjà eu la chance de traverser dans sa partie nord il y a quelques semaines avec mes parents fût d'une beauté à peine imaginable. La frontière de Portillo se situant à
2880 m dans les Andes, nous avons eu le plaisir de serpenter vers le col à travers des vallées furieusement belles et avec quelques aperçus magiques sur le toit de l'Amérique du sud, l'Aconcagua (6962 m). Enfin, la descente sur la plaine chilienne est déconcertante et notamment dans sa partie haute avec ces 29 virages qui se succèdent et qui forment une file vivante de camions se mouvant lentement vers le passage frontalier.


Je suis aujourd'hui à Valparaiso, la ville portuaire où Pablo Neruda finit ses jours. Toujours autant de soleil et de joie de vivre mais un léger manque pour l'Argentine dont je crois être littéralement tombé amoureux. J’entreprends maintenant une descente de plusieurs jours vers Santiago et le sud du Chili en continuant ma quête de rencontre et de VIE !


Américalement.

 

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 23:52

Je tiens a remercier grandement la rédaction du journal La Montagne pour l'article parut le 12 Janvier 2009 concernant Americatrip. Je suis fièr que ces quelques lignes soient parues dans les colonnes de Cosne d'Allier et j'en profite pour remercier tous les gens qui me soutiennent et qui suivent mes périgrinations.
"On ne jouis bien que de ce que l'on partage" disait Madame de Genlis ; cette aventure en est l'exemple parfait !

Merci a tous une nouvelle fois.

Américalement.
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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 21:35

Après ma semaine de repos entre les murs de la cité Inca de Cusco, me revoici sur la route et notamment à travers la Bolivie. En dette de soleil et étant déjà passé il y a quelques semaines mon escapade bolivienne fût rapide.


J’ai donc franchi la frontière bolivienne à Desagradero le 7 janvier au matin, deux heures de queue pour faire tamponner mon passeport à la sortie du Pérou et une bonne demie heure de l’autre côté  pour enfin remonter dans le bus direction La Paz. La plus haute capitale du monde avec ces près de 3600m d’altitude (centre) et ces 2,5 millions d’habitants n’a pas changé depuis mon dernier passage accompagné de mes parents. Ambiance grouillante et froide, noyée dans une atmosphère noire et pauvre ; non, décidément même si La Paz a certainement des choses à offrir ce n'est pas a moi qu'elle les offrira. Je n’ai aucun feeling avec cette ville et ce n’est pas après 5 mois de voyage solitaire que je vais me transformer en consommateur d’espace à vouloir à tout prix “visiter” car c’est La Paz !

Cette ville est cependant stupéfiante par sa physionomie, défiant les lois de la stratification sociale et de la gravité. En effet, au contraire de la majorité des villes du monde, ici ce sont les riches qui vivent dans les quartiers bas et centraux et les pauvres qui vivent en périphérie, accrochés sur les flancs de la vallée dans laquelle est venue se nicher la ville (Chuquiago Marka). Les tentacules de la pieuvre urbaine, avec les laissés pour compte accrochés aux ventouses, a même débordé largement sur le plateau pour créer une seconde ville, El Alto , perchée à 4000m d’altitude et indépendante depuis 1985. Cette cité peu commune où l’eau boue à 80 degrès, n’aura donc été qu’un passage pour moi cette fois car le soir même de mon arrivée, je filais par un bus de nuit en direction de Sucre.


Alors, après s’être arraché des griffes urbaines, nous étions de nouveau en “paix” en filant vers le sud. Cette quiétude s’est subitement rompue à une heure du matin lorsqu’il a fallu descendre du bus et assister au changement d’une roue crevée à l’arrière gauche. Une roue qui déjà au départ offrait des faiblesses car j’avais surpris une discussion du chauffeur et des ces assistants qui refusaient de réparer maintenant et préféraient faire cela sur la route lorsqu’ils auraient trouvé un garagiste adéquate. Effectivement nous nous interrogions de ces multiples arrêts pendant les premières heures et malheureusement le chauffeur n’a pas dû rencontrer les compétences suffisantes et a dû se charger lui même du labeur en pleine nuit ! Nous sommes tout de même arrivés à Sucre au matin et là j’ai découvert une ville beaucoup plus agréable et calme. J’y ai passé de belles heures de détente et de lecture dans le parc Simon Bolivar notamment mais aussi sur la place 25 de Mayo et dans ma petite pension familiale à deux pas du centre.

Sucre c’est aussi le lieu de rencontre avec les M&M’s, soit Marie & Mathias, deux jeunes français voyageant entre Equateur et Argentine avec qui j’ai eu tout loisir de discuter voyages, rencontres, regard sur le monde. Un moment autour d’une bière et d’un bon repas qui m’a redonné un petit goût de France absolument pas désagréable.

Avec une joie de vivre toute particulière et enchanté par mes deux jours passés en ces lieux j’ai repris le rituel du voyageur c’est à dire faire le sac, prendre un collectivo jusqu’à la gare routière et monter dans un bus en direction d’une nouvelle découverte.


Cette fois ci la destination était Potosí, une ville célèbre pour sa mine d’argent et son altitude. En effet, après avoir parcouru plusieurs heures de route au beau milieu des magnifiques paysages de l’altiplano Bolivien et après avoir eu notre crevaison de rigueur, ici je suis arrivé dans la ville la plus haute du monde perchée à 4070m. Cette citée dominé par le “cerro rico” la “montagne riche” fût bien froide et quelque peu austère ; cependant elle m’a permis de voir un nouveau visage de la Bolivie. Tout d’abord, la mine qui est la principale activité de la région ouvre les yeux sur ce que peux représenter le travail ici. Alors qu’ils étaient 18 000 mineurs il y a peine deux ans, ils ne sont plus que 5000 aujourd’hui (faute à la baisse du tour de l’argent) à travailler dans des conditions inimaginables. A plus de 800m de profondeur des hommes âgés de 16 à 30 ans, en moyenne, extraient des quantités incroyables de minerais en utilisant dynamite et huile de coude pour pousser les chariots de plusieurs centaines de kilo jusqu’à l’extérieur. Dans une chaleur approchant les 40 degrés, une humidité constante et des risques d’éboulement permanents, ces hommes s’offrent un labeur de 13 heures par jours pour gagner entre 35 et 40 Bolivianos soit 3,80 à 4 euros! Ajoutez à cela l’entreprise de ces valeureux qui travaillent la nuit du vendredi au samedi en plus afin de ne pas perdre la journée du Dimanche non travaillée dans ce pays très catholique.

Alors, après La Paz qui manquait d’âme à mon goût, Sucre offrait une vision plus saine, plus calme et plus riche, liée à son statut de capitale constitutionnelle ; Potosí s’affirmait comme le symbole du peuple Bolivien. Un peuple qui vit dans des conditions difficiles géographiquement et économiquement, et qui s’accroche à l’espoir que représente Evo Morales.


Evo Morales est né d’une famille Aymara à Orinoca, une ville minière du département de Oruro. Leader du mouvement vers le socialisme il a remporté les élections Boliviennes le 18 Décembre 2005 et se déclare le premier président de la République de Bolivia d’origine Amérindienne. Mais surtout, depuis son intronisation par les représentants indigènes du pays sur les ruines de Tiwanaku le 21 Janvier 2006 (grande date !) celui-ci s’efforce de mener une politique en faveur des peuples indigènes oubliés depuis trop longtemps et surtout en faveur des pauvres en tentant d’assurer une meilleure redistribution des richesses et en leur donnant la parole dans les grands tournants décisionnels du pays. D’ailleurs en ce moment même il bat campagne en faveur d’un changement de constitution qui favoriserait sa politique socialiste. Dans ce tournant de l’histoire que vit actuellement le pays, Potosí affiche un OUI sans partage au contraire de Sucre qui parait défenseur du NON. L’avenir dira très vite dans quelle direction voudra partir ce pays extraordinaire mais une chose est sur, Morales aura donné au peuple la chance de choisir son destin et de se départir de l’égide des patrons et bureaucrates corrompus et figés dans leur immobilisme complaisant, croulant sous des montagnes d’argent. Evo Morales, que certains pourront critiquer, fait quoi qu’il arrive parti de ces vecteurs du changement qui, à l’image de Hugo Chavez au Venezuela, offrent une vision différente du monde où le peuple passe avant les caisses et où la banalisation de la pauvreté sur l’autel de « toujours plus de profit » ne semble pas faire parti des programmes. Je salue donc la politique de cet homme qui, je l’espère, saura montrer la voie.


Après avoir exploré les bas fonds de Potosí, j’ai repris la route vers le sud. Six heures de piste dans des lieux où la Terre parait tourner plus lentement, avec un léger goût d’Afrique, et un soleil enfin plus ardu au fur et à mesure de la descente vers Tupiza. Cette ville taxée de far best Bolivien mérite pleinement sa réputation tellement elle offre des paysages fait de cactus, de pierre ocre, de vastes étendues désolées et de profonds canyons. C’est d’ailleurs la ville où j’ai pu mettre à profit un vieux rêve de gamin en me prenant pour un cow boy. Accompagné par mon ami Eric, agé de 14 ans, j’ai eu le plaisir de chevaucher dans des lieux d’une quiétude stupéfiante où seul le rythme des sabots de mon cheval venait perturber tranquillement la sérénité des lieux. Personne à l’horizon, nous avons parcouru le canyon del Duende et le canyon del Inca dans une longue balade de cinq heures qui m’a permi d’apprécier le contact avec l’animal et d’envisager un jour une réelle aventure avec ces compagnons volontaires.


Enfin, la fin du séjour Bolivien s’est avérée bien moins plaisante car tout d’abord, la ville ne disposant pas de distributeur de billet il m’a fallu faire la queue à la banque pour obtenir difficilement quelques billets, soit tout juste de quoi payer ma pension et mon billet en direction de l’Argentine. J’ai donc débuté le voyage vers un nouveau pays (argentine) sans rien dans le ventre depuis près de 24h. Arrivé péniblement à la frontière après plus de deux heures de piste, beaucoup de poussière et un chauffeur qui prenait un malin plaisir a doubler ces collègues camionneurs dans des situations périlleuses, j’ai eu droit au flegme Bolivien pour la sortie du territoire et au zèle Argentin pour l’entrée. Résultat j’ai loupé ma correspondance en Argentine et été obligé de patienter plus de deux heures sous l’orage qui m’accueillait dans ce pays où règne l’été. J’ai fini par monter dans un bus qui m’a conduit jusqu’à Salta, ma première halte Argentine qui signe le début d’un voyage différent.

Suite très vite. Pour les photos je m'en excuse mais je rencontre actuellement un problème de transfert, il faudra donc patienter.

Americalement.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 23:06


Americatrip aura l'honneur au cours de la semaine prochaine d'apparaître dans les pages de La Montagne de Montluçon. Comme un clin d'oeil au village ou j'ai grandi un article reprendra les grands traits de l'aventure dans les colonnes de Cosne d'Allier.

Ernesto Guevara affirmait : " Soyez réalistes, demandez l'impossible" !  Allant dans ce sens depuis plus de cinq mois je suis fièr aujourd'hui de ce nouveau pas en avant qui, je l'espère, continuera à m'ouvrir les portes d'un avenir que je désire plus que tout. 

Merci a mon ami Soufiane qui a été un formidable intermédiaire et au journal La Montagne qui m'offre ici une extraordinaire opportunité.

Américalement.

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