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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 21:35

Après ma semaine de repos entre les murs de la cité Inca de Cusco, me revoici sur la route et notamment à travers la Bolivie. En dette de soleil et étant déjà passé il y a quelques semaines mon escapade bolivienne fût rapide.


J’ai donc franchi la frontière bolivienne à Desagradero le 7 janvier au matin, deux heures de queue pour faire tamponner mon passeport à la sortie du Pérou et une bonne demie heure de l’autre côté  pour enfin remonter dans le bus direction La Paz. La plus haute capitale du monde avec ces près de 3600m d’altitude (centre) et ces 2,5 millions d’habitants n’a pas changé depuis mon dernier passage accompagné de mes parents. Ambiance grouillante et froide, noyée dans une atmosphère noire et pauvre ; non, décidément même si La Paz a certainement des choses à offrir ce n'est pas a moi qu'elle les offrira. Je n’ai aucun feeling avec cette ville et ce n’est pas après 5 mois de voyage solitaire que je vais me transformer en consommateur d’espace à vouloir à tout prix “visiter” car c’est La Paz !

Cette ville est cependant stupéfiante par sa physionomie, défiant les lois de la stratification sociale et de la gravité. En effet, au contraire de la majorité des villes du monde, ici ce sont les riches qui vivent dans les quartiers bas et centraux et les pauvres qui vivent en périphérie, accrochés sur les flancs de la vallée dans laquelle est venue se nicher la ville (Chuquiago Marka). Les tentacules de la pieuvre urbaine, avec les laissés pour compte accrochés aux ventouses, a même débordé largement sur le plateau pour créer une seconde ville, El Alto , perchée à 4000m d’altitude et indépendante depuis 1985. Cette cité peu commune où l’eau boue à 80 degrès, n’aura donc été qu’un passage pour moi cette fois car le soir même de mon arrivée, je filais par un bus de nuit en direction de Sucre.


Alors, après s’être arraché des griffes urbaines, nous étions de nouveau en “paix” en filant vers le sud. Cette quiétude s’est subitement rompue à une heure du matin lorsqu’il a fallu descendre du bus et assister au changement d’une roue crevée à l’arrière gauche. Une roue qui déjà au départ offrait des faiblesses car j’avais surpris une discussion du chauffeur et des ces assistants qui refusaient de réparer maintenant et préféraient faire cela sur la route lorsqu’ils auraient trouvé un garagiste adéquate. Effectivement nous nous interrogions de ces multiples arrêts pendant les premières heures et malheureusement le chauffeur n’a pas dû rencontrer les compétences suffisantes et a dû se charger lui même du labeur en pleine nuit ! Nous sommes tout de même arrivés à Sucre au matin et là j’ai découvert une ville beaucoup plus agréable et calme. J’y ai passé de belles heures de détente et de lecture dans le parc Simon Bolivar notamment mais aussi sur la place 25 de Mayo et dans ma petite pension familiale à deux pas du centre.

Sucre c’est aussi le lieu de rencontre avec les M&M’s, soit Marie & Mathias, deux jeunes français voyageant entre Equateur et Argentine avec qui j’ai eu tout loisir de discuter voyages, rencontres, regard sur le monde. Un moment autour d’une bière et d’un bon repas qui m’a redonné un petit goût de France absolument pas désagréable.

Avec une joie de vivre toute particulière et enchanté par mes deux jours passés en ces lieux j’ai repris le rituel du voyageur c’est à dire faire le sac, prendre un collectivo jusqu’à la gare routière et monter dans un bus en direction d’une nouvelle découverte.


Cette fois ci la destination était Potosí, une ville célèbre pour sa mine d’argent et son altitude. En effet, après avoir parcouru plusieurs heures de route au beau milieu des magnifiques paysages de l’altiplano Bolivien et après avoir eu notre crevaison de rigueur, ici je suis arrivé dans la ville la plus haute du monde perchée à 4070m. Cette citée dominé par le “cerro rico” la “montagne riche” fût bien froide et quelque peu austère ; cependant elle m’a permis de voir un nouveau visage de la Bolivie. Tout d’abord, la mine qui est la principale activité de la région ouvre les yeux sur ce que peux représenter le travail ici. Alors qu’ils étaient 18 000 mineurs il y a peine deux ans, ils ne sont plus que 5000 aujourd’hui (faute à la baisse du tour de l’argent) à travailler dans des conditions inimaginables. A plus de 800m de profondeur des hommes âgés de 16 à 30 ans, en moyenne, extraient des quantités incroyables de minerais en utilisant dynamite et huile de coude pour pousser les chariots de plusieurs centaines de kilo jusqu’à l’extérieur. Dans une chaleur approchant les 40 degrés, une humidité constante et des risques d’éboulement permanents, ces hommes s’offrent un labeur de 13 heures par jours pour gagner entre 35 et 40 Bolivianos soit 3,80 à 4 euros! Ajoutez à cela l’entreprise de ces valeureux qui travaillent la nuit du vendredi au samedi en plus afin de ne pas perdre la journée du Dimanche non travaillée dans ce pays très catholique.

Alors, après La Paz qui manquait d’âme à mon goût, Sucre offrait une vision plus saine, plus calme et plus riche, liée à son statut de capitale constitutionnelle ; Potosí s’affirmait comme le symbole du peuple Bolivien. Un peuple qui vit dans des conditions difficiles géographiquement et économiquement, et qui s’accroche à l’espoir que représente Evo Morales.


Evo Morales est né d’une famille Aymara à Orinoca, une ville minière du département de Oruro. Leader du mouvement vers le socialisme il a remporté les élections Boliviennes le 18 Décembre 2005 et se déclare le premier président de la République de Bolivia d’origine Amérindienne. Mais surtout, depuis son intronisation par les représentants indigènes du pays sur les ruines de Tiwanaku le 21 Janvier 2006 (grande date !) celui-ci s’efforce de mener une politique en faveur des peuples indigènes oubliés depuis trop longtemps et surtout en faveur des pauvres en tentant d’assurer une meilleure redistribution des richesses et en leur donnant la parole dans les grands tournants décisionnels du pays. D’ailleurs en ce moment même il bat campagne en faveur d’un changement de constitution qui favoriserait sa politique socialiste. Dans ce tournant de l’histoire que vit actuellement le pays, Potosí affiche un OUI sans partage au contraire de Sucre qui parait défenseur du NON. L’avenir dira très vite dans quelle direction voudra partir ce pays extraordinaire mais une chose est sur, Morales aura donné au peuple la chance de choisir son destin et de se départir de l’égide des patrons et bureaucrates corrompus et figés dans leur immobilisme complaisant, croulant sous des montagnes d’argent. Evo Morales, que certains pourront critiquer, fait quoi qu’il arrive parti de ces vecteurs du changement qui, à l’image de Hugo Chavez au Venezuela, offrent une vision différente du monde où le peuple passe avant les caisses et où la banalisation de la pauvreté sur l’autel de « toujours plus de profit » ne semble pas faire parti des programmes. Je salue donc la politique de cet homme qui, je l’espère, saura montrer la voie.


Après avoir exploré les bas fonds de Potosí, j’ai repris la route vers le sud. Six heures de piste dans des lieux où la Terre parait tourner plus lentement, avec un léger goût d’Afrique, et un soleil enfin plus ardu au fur et à mesure de la descente vers Tupiza. Cette ville taxée de far best Bolivien mérite pleinement sa réputation tellement elle offre des paysages fait de cactus, de pierre ocre, de vastes étendues désolées et de profonds canyons. C’est d’ailleurs la ville où j’ai pu mettre à profit un vieux rêve de gamin en me prenant pour un cow boy. Accompagné par mon ami Eric, agé de 14 ans, j’ai eu le plaisir de chevaucher dans des lieux d’une quiétude stupéfiante où seul le rythme des sabots de mon cheval venait perturber tranquillement la sérénité des lieux. Personne à l’horizon, nous avons parcouru le canyon del Duende et le canyon del Inca dans une longue balade de cinq heures qui m’a permi d’apprécier le contact avec l’animal et d’envisager un jour une réelle aventure avec ces compagnons volontaires.


Enfin, la fin du séjour Bolivien s’est avérée bien moins plaisante car tout d’abord, la ville ne disposant pas de distributeur de billet il m’a fallu faire la queue à la banque pour obtenir difficilement quelques billets, soit tout juste de quoi payer ma pension et mon billet en direction de l’Argentine. J’ai donc débuté le voyage vers un nouveau pays (argentine) sans rien dans le ventre depuis près de 24h. Arrivé péniblement à la frontière après plus de deux heures de piste, beaucoup de poussière et un chauffeur qui prenait un malin plaisir a doubler ces collègues camionneurs dans des situations périlleuses, j’ai eu droit au flegme Bolivien pour la sortie du territoire et au zèle Argentin pour l’entrée. Résultat j’ai loupé ma correspondance en Argentine et été obligé de patienter plus de deux heures sous l’orage qui m’accueillait dans ce pays où règne l’été. J’ai fini par monter dans un bus qui m’a conduit jusqu’à Salta, ma première halte Argentine qui signe le début d’un voyage différent.

Suite très vite. Pour les photos je m'en excuse mais je rencontre actuellement un problème de transfert, il faudra donc patienter.

Americalement.

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 19:16


 La suite de notre pèriple à pris la route de La Paz, la capitale de la Bolivie. Une capitale comme la plupart des capitales d'ailleurs : bruits, bousculades, assez peu de sourires et de bonne humeur et surtout, le plus marquant, énormément de pauvreté ! Cela ne fait pas de doute, voilà ici une nouvelle ville que je ne rangerais pas parmi les plus belles destinations d'Amerique du Sud. Cette marée humaine accrochée a flan de montagne, ce qui est entre nous le plus stupéfiant ici, survie dans une atmosphère trop sombre et frénétique pour moi. Le passage fût bref alors il m'est difficile d'être totalement impartial envers cette cité, il est cependant certains que je ne retournerais pas en ces murs avec entrain. Il me faudra pourtant y faire un nouveau passage puisque, étant au Pérou, je reprend la route du sud par la Bolivie, mais je crains que celui-ci soit à nouveau rapide. Wait and see !

Notons tout de même qu'en ces lieux nous avons dégoté l'un de ces petits "comedor" : lieux ou se regroupe les petits restaurants tenu par une armée de petite femme au courage extraordinaire. Nous y avons mangé recroqueviller entre les coudes des voisins, l'arrière train de la cuisinière s'afferant derrière nous dans une cuisine minuscule et face à une tapisserie d'un autre âge. Je trouve un charme incroyable à ces moments si particuliers, un vrai dépaysement culinaire et un instant unique dont le plus déconcertant arrive avec la note : 5 soles, soit un peu moins d'un euros cinquante pour une soupe copieuse, un plat de riz, frites, salade et poulet gargantuesque, ainsi que de larges sourires d'une petite serveuse énergique et charismatique atteignant allégrement les 8 ans ! Déchirant et attachant à la fois, cette réalité de la condition de l'enfance on la prend parfois en pleine geule, une sorte de remise en question forcé qui tire furieusement du coeur un "quelle chance nous avons" ! Et oui le voyage c'est les yeux collés aux réalités, ça rend moins con et cela fait relativiser, pauvres aisés que nous sommes...



Américalement.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 00:26

San Pedro d’Atacama aura été la porte d’entrée de ce qui fut pour nous une expérience inoubliable, une envolée altitudinale sur les hautes terres Andines.

Alors, c’est après quelques minutes d’une lente ascensión que nous avons atteint la frontière Bolivienne ou l’aventure a commencée. Les sacs chargés sur le toit du 4*4 nous avons tout de suite été mis dans le bain: piste, poussière, mal de tete (pourtant nous machions un peu de feuilles de coca pour lutter contre le mal de l’altitude) et paysages sortis d’un album photo des plus belles images de la Terre. Nous avons fait par ailleurs connaissances avec Hanneke, Stephania et Felicia, nos trois compères hollandaises pour ce trip. Cette reunion franco holandaise à donné lieu à un balai linguistique intense. Nous parlant francais, elle holandais, nous communiquions en anglais (je m’assurais de la traduction pour papa et maman et Hanneke pour ces copines). Enfin, le chauffeur ne parlant que l’espagnol, nous devions aussi jongler avec les explications et les traductions ponctuer de questions et puis de nouveau des traductions…. Ppffiiooouuu l’altitude ne fut pas le seul facteur de fatigue le soir venu ¡

 

Alors que le premier jour nous permis de gouter a une source d’eau chaude descendue de l’un des nombreux volcans de la région, le bain était fortement conseillé car le soir venu nous avons eu droit au logement rudimentaire d’un refuge de l’altiplano c’est a dire sans eau chaude, encore moins de douche et des lits reposant sur des sommiers de pierre (au demeurant très confortables). Le seul ic de la première journée, l’altitude ¡ En effet, après quelques passages à plus de 5000m, nous logions a 4300 m et celle ci nous a tous plus ou moins rendu malade. Quelle désagréable sensation d’avoir la tete sérrée dans un étau et des nausées constantes qui privent de la faim, c’est le prix a payer pour en prendre plein les yeux ¡

 

Le second jour apportant vite du répis puisque nous ne roulions plus qu’a 3500m la forme est bien revenue et les filles nous ont offert un vrai concert grace aux formidables CD de Ronald (le chauffeur) qui passait en boucle les hits anglosaxons. Nous evoluions toujours dans de vastes espaces vierges et envoutants, aux confins des mondes la sensation d’etre sur une autre planète se ressentait plus que jamais. Le deuxième soir nous sommes arrivés dans un petit village bolivien totalement denué de touristes ou l’ambiance bien paisible ne rompa aucunement la dimension surréaliste de ces moments.

 


En fin, le troisième jour, départ a 4h30 direction le salar d’Uyuni. 30 minutes de pistes, crevaison, réparation et aux alentours de 6h nous étions au beau milieu d’une gigantesque étendue de sel dont la blancheur et la pureté fut saluée par un formidable levé de soleil : le Clou du spectacle ¡

Ce salar nous laissa bouche bée pour toute la tournée. Les mots me manquent d’ailleurs pour descrire l’intensité de ces instants aussi purs qu’un cristal de sel ¡

 

Arrivé a Uyuni après 72h de voyage sans apercevoir l’ombre d’une plaque de goudron, nous nous sommes régalés d’un de ces marchés que reserve les villages d’Amérique du sud en attendant notre bus pour La Paz. A 20h nous roulions dans un car surrélevé, a toute allure, sur une piste de sable qui nous secouait comme des pruniers et emplissait sporadiquement l’habitacle d’une épaisse couche de poussière. Un bus bolivien ¡

 




Aujourd’hui nous sommes dans la bruyante et grouillante capitale. Nous repartons demain pour le plus haut Lac du monde et notre dernière semaine en famille.


Pour les amoureux d'images n'oubliez pas les albums.
Americalement

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 21:14

Nous voila tout juste de retour de trois jours sur l'altiplano Bolivien. Trois journées formidables en tout point et dont je ne manquerais pas de vous narrer les aventures dans les prochains jours. Les photographies seront certainement a elle seules des histoires magnifiques faites de soleil, de sourires et de paysages surréalistes.
Pour l'instant c'est un bus de nuit entre Uyuni et La Paz qui nous attend. Une insomni permettra peut etre a ma plume de s'exprimer...

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