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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 23:07

Entré par la grande porte, c’est à Iguaçu que j’ai fait mes premiers tours de roues dans ce pays gigantesque de 547 400 km². Une énième frontière, un énième tampon sur le sésame du voyageur et me voila dans le pays de la samba pour quelques jours, un passage que je savais déjà trop rapide, puisque j’ai bien trainé auparavant, et notamment en Argentine. Cela transformait d’ors et déjà mon escapade Brésilienne en une course vers le nord pour attraper mon vol à Belém exactement 15j après mon arrivée. J’ai pourtant eu tout le loisir de me baigner dans la formidable culture de ce pays.

 

Au matin du 2 mars, j’étais entre les murs de la deuxième plus grande ville du monde : Sao Paulo. Une ville bien pauvre où le choc est encore plus fort et plus inacceptable que partout ailleurs, le fossé entre les plus démunis et les plus aisés est gigantesque, costumes et va nus pieds se côtoyant chaque seconde sous mes yeux. C’est donc avec un sérieux mal de ventre et de grands coups dans les yeux que j’ai parcouru une partie du centre-ville. Les réalités sont à vivre, quelles qu’elles soient. Très vite j’ai retrouvé Luis, que j’avais rencontré à Cusco il y a quelques semaines. Luis est psychologue, c’est un homme très calme et posé avec qui j’ai partagé de formidables moments de sérénité et de partage. Cultivé et passionné par sa ville et son pays, il m’a allègrement fait partager ses connaissances ce qui a donné un charme immense à cette cité pourtant dénuée d’intérêts particuliers. Les voyages, ce sont les gens, je ne me suis jamais posé en consommateur d’espaces, mais bien de contacts humains et voilà un nouvel exemple parfait de la capacité de l’être humain à embellir un lieu. La deuxième soirée était déjà celle des au-revoir alors nous sommes allés dans un bar à samba où un groupe se produisait dans une ambiance comme je n’ai jamais eu la chance d’en voir jusqu'à ce jour. Un vieux bar réduit à sa plus simple expression où, dans un coin, se sont entassés deux joueurs de guitare, un flutiste et une joueuse de cymbales, avant de laisser place à LA chanteuse, une jolie sexagénaire à la voie envoutante. Au fil des sonorités de ce groupe, un flot de personnes est venu remplir à craquer ce petit lieu apparemment fameux à tel point que je n’apercevais même plus le groupe ; ce qui ne m’empêcha pas de suivre le mouvement de danse collectif qui s’était institué. Les heures ont alors filé, les rencontres se sont multipliées car je suis, une fois de plus, très vite devenu la curiosité de mes voisins, puis est venue l’heure pour Luis et moi de filer, car le travail attendait mon compagnon le lendemain et moi je devais monter dans un bus relativement tôt. Nous nous sommes donc quittés après quelques heures. J’étais conquis, avec une légère émotion, par cet homme devenu mon ami et à qui j’ai promis de nous revoir un jour où l’autre, ici ou sur un autre continent.

 

Le 4 mars au soir j’étais donc rendu dans une des baies les plus célèbres au monde, la baie de Rio de Janeiro. Le sac à peine déposé dans une petite auberge de fond de rue bien sombre, je foulais le sable de l’extraordinaire plage de Copacabana. Entre les badauds aux charmes surfaits qui me rappelaient Venice Beach et les gamins démunis des favelas jouant au foot, s’exprimait ici pleinement la culture brésilienne sur fond de samba que les enceintes du petit boui-boui le plus proche crachaient. J’étais déjà médusé par cet endroit qui représente tant de choses pour nous européens. J’ai passé presque 5 jours dans cette ville incroyable, sous un soleil de plomb, les pieds dans l’eau, à observer ces pains de sucres qui dominent la baie protégée par « el cristo retendo ». L’ultime jour, j’ai vaincu ma crainte du vide pour monter m’offrir LE spectacle de Rio, la vue du coucher de soleil depuis le pain de sucre. Un nouveau moment magique où les mots sont bien difficiles à trouver pour en définir la beauté. Le soleil déclinant doucement pour disparaitre derrière les montagnes, légèrement voilé par de beaux nuages, les couleurs multipliées dans un balai de chaque seconde, recouvrant Rio et la baie d’une toile rouge-orangée absolument fantastique ; avant de sombrer complètement dans l’obscurité et laisser les lumières de la ville découper l’urbanisation grimpante sur les flancs montagneux et les plages filant de chaque bords. Sans voix je suis resté ici de longues minutes à laisser mes yeux se remplir à en déborder, un dernier cadeau de ce Rio que j’ai beaucoup aimé avant de filer toujours plus au nord.

 

Parti de Rio le 9 au matin j’ai eu droit à un voyage en bus de 30h en direction de Salvador de Bahia. Bahia c’est la ville afro-brésilienne par excellence où s’exprime le mieux la culture du Candomblé : un mélange subtil de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines se basant sur la croyance d’une âme propre à la nature. La samba et la capoeira en sont des éléments particuliers, et il n’est pas rare de voir ce culte s’exprimer « en partie » sur les plages de Bahia. Malheureusement je n’ai pu participer à un rite car seuls les bureaux touristiques en proposaient, et je ne suis pas resté assez longtemps pour rencontrer quelqu’un susceptible de m’y accompagner, dommage. J’ai donc profité du centre historique et des belles plages avant de reprendre une dernière fois la route vers le nord, un ultime voyage en bus.

 

Cet ultime voyage en bus vers Belém m’a permis de savourer pleinement mes derniers kilomètres à l’aide du moyen de transport qui s’est imposé largement au long de mon voyage. 40h de voyage, soit deux nuits, m’auront donc permis de prendre une dernière fois la forme incurvé des sièges assez peu confortables des ces véhicules. Ajouté à cela, et au folklore du voyage (avec « ma gueule de métèque, de juif errant, de patre grec » comme aurait pu le chanter Georges Moustaki), j’ai assez vite attiré l’attention de deux/trois énergumènes du bus qui profitaient de chacun des arrêts pour boire et acheter de la bière. Forts sympathiques au demeurant, ceux-ci se sont allègrement intéressé à moi et j’ai donc dû me débattre avec mon portugais plus qu’hésitant afin de répondre au mieux à leurs centaines de questions. Puis, de fil en aiguille, c’est tout le bus qui est venu voir « LE français » et me poser de nouveau les mêmes centaines de questions pour enfin prendre des photos avec moi. Ils se sont relayés afin de faire en sorte que je ne m’endorme pas pour la dernière nuit et cela a bien fonctionné puisqu’ils ils m’ont petit à petit transformé en zombi ! C’est ainsi qu’arrivé à Belém j’ai été refoulé de trois hôtels successifs, puisque visiblement je n’avais pas la tête adéquate ! J’ai fini par trouver un hôtel qui s’avérait être un hôtel de passe où je me suis écroulé sur un lit déjà habité ; mais cela je ne m’en suis rendu compte au réveil, quelques heures plus tard, couvert de fourmis et d’un cafard prenant ma cuisse pour la promenade des anglais. Enfin, pour une nuit, j’ai prit cela pour un dernier instant bien typique ! Le lendemain c’était le jour de départ pour Cayenne, je me suis réveillé fourbu, courbaturé, avec un sérieux mal de tête et des nausées. J’ai pris cela pour une sorte de grippe ou une grosse fatigue comme il y en a eu d’autre et je suis monté dans l’avion direction la Guyane, excité à l’idée de retrouver Emilie et Rémi.






Américalement.

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 19:36

On me dit souvent : “t’as de la chance de voyager”. C’est vrai, j’ai de la chance de voyager et d’ouvrir toujours un peu plus les yeux sur nos sociétés. Voir ces gens se prélacer sous les cocotiers, insouciants sur cette plage de galets betonnés, posée au milieu d’une mer urbaine désabusée. Manque de bol ou triste réalité, ce n’est pas un tour operator qui leurs offre cet instant doré mais bien la tempête sociale qui c’est déchainée pour briser leur embarcation de fortune, des naufragés. J’ai de la chance de voyager pour voir que c’est moins facile de se reposer sur un lit cartonné que sur une montagne de billets, voir ces hommes dont les illusions sur la beauté de l’humanité se sont depuis bien longtemps envolées. Pour eux j’ecris dans la marge histoire d’être du bon côté, sans pour autant me donner bonne conscience ni l’envie de gerber. J’aimerais tendre la main a chacun de mês pas mais pour tous les relever j’aurais jamais assez de mês deux bras. Et puis c’est pas a 10 000km de la que je pourrais pretendre changer les choses ,quand même au pays des droits de l’Homme il suffit de sortir sur son palier pour ecrire la meme prose. C’est malheureux mais ces gens la c’est le fric qui leurs noirci les pieds alors quand on porte des chaussures c’est plus facile de les epargner. Et oui, on pourra toujours se masturber sur nos grandes idées, le vrai coit n’arrivera que lorsque l’on conjuguera Egalité autrement qu’a l’imparfait. Pour cet homme un instant endormi des tourments de la vie il lui faudra se relever et continuer a lutter car le télephone continue a sonner même pour ceux qui n’ont plus de tonalité. On pourrait peut être demander a Mr Bouygues d’affreter son yacht pour quelques naufragés mais je doute que ce soit dans les capacités de cet enc***. Alors, a ma manière je mène ma barque et je leur tend des mots, des sourires bien souvent répondus par des soupirs et même si ca pique les yeux de regarder je ne veux pas baisser les yeux, ca serait accepter. Je ne suis qu’un messager qui veut continuer a apprendre a l’ecole des réalités.



Tristement.
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