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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:25

Il y a de ces villes qui vous happent, insidieusement, doucement, tranquillement. De ces villes qui n’offrent pourtant pas un cadre extraordinaire mais qui vous touchent parce qu’elles arrivent à un moment clé de votre voyage. De ces villes qui, quoi qu’il advienne, laissent une trace tenue en vous. Valdivia fera partie de celle ci.







 

 

Cette ville de 140 00 habitants, fondée par le célèbre Pedro de Valdivia (conquistador espagnol) à la confluence de trois rivières, Calle Calle, Valdivia et Cau Cau, et à une dizaine de kilomètres de la côte Pacifique, est d’un charme particulier à mon gout. En effet, alors que l’été règne dans l’hémisphère sud, l’ambiance plutôt fraîche de cette bourgade, son architecture faite de maisons de bois très coloré et les odeurs de pêche qui fluent sur les quais sont des appels au grand sud dont la Patagonie toute proche en est l’essence. Pour moi qui ne peux continuer vers ces terres toujours plus australes, Valdivia fut un avant goût, une sorte de fenêtre sur ce monde dans le monde.

 

Par ailleurs, la ville fut le lieu d’une de ces rencontres comme le voyage sait les réserver. En effet, j’y ai partagé quelques moments forts agréables avec Michel, Bernard et Eric, trois français dont l’accent chantant venu du sud de la France enchantait mes discussions toutes plus passionnantes les unes que les autres. D’ailleurs, j’ai eu la chance d’en apprendre un peu plus sur les rouages et les expériences humanitaires puisque Michel n’est ni plus ni moins que l’un des fondateurs de Médecin du Monde. Celui-ci m’a par ailleurs très gentiment conseillé de me lancer dans l’aventure si cela me tente car il lui semble que j’ai toutes les qualités requises à ce genre d’entreprise et j’en suis fortement flatté. Voila une nouvelle porte qui s'ouvre sur l'avenir, un avenir que ce voyage éclaire d'ors et déjà. Avec Eric j’ai eu loisir de lui faire découvrir les joies du partage du mate, cette boisson argentine que l’on boit entre amis. Et enfin j’ai appris, après quelques discussions et à ma grande surprise, que Bernard est le papa de Olivier et Wilfried Jourdan, chanteur et clavier du très très bon groupe de rock les HushPuppies originaire de Perpignan. Voila comment à 10 000 km de la France, dans un village du sud Chili, on peut faire des rencontres improbables et fantastiques.

 

Après ces quelques jours Valdiviesque j’ai repris la route en direction de l’Argentine et notamment San Carlos de Bariloche et un nouveau passage de frontière. Mon passeport commence à manquer de place et de voir les douaniers chercher désespérément une place libre pour y accoler le tampon national me réjouis de plus en plus.

 







Américalement

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:40

Une petite nuit de bus et j’arrivais à Pucón, plus au sud, dans la région des lacs. Pucon, à la manière d’Atitlan au Guatemala, offre la magie de la communion entre Poséidon et Vulcain. Cette petite bourgade, où il suffit de lever les yeux pour admirer le sommet enneigé du volcan Villarica et s’approcher du lac du même nom pour sentir le souffle léger du vent naissant en son cœur, a un aspect de village suisse avec la couleur chilienne en plus et l’odeur de l’Asado (viande grillée au barbecue) qui remplace celle de la fondue. Pucón et sa région sont un petit coin de paradis, peut-être légèrement touristique à mon gout, mais les activités foisonnent et permettent de s’échapper de la masse au sein des grands espaces. J’y ai résidé dans une petite auberge bien familiale tenue par Peter, un néerlandais expatrié qui s’efforce de faire régner amicalité et joie de vivre en ces lieux.


 












 

Entre ces murs, j’ai rencontré Ana, une chilienne de 34 ans, chanteuse à Santiago et en vacances pour quelques semaines dans la région. Originaire de Patagonie, j’ai eu l’immense bonheur de partager avec elle ma culture française et sa culture chilienne fortement imprégnée de tradition Mapuche (indiens du sud chilien). Enfin, à Pucón, après avoir passé une journée sur les célèbres sources d’eau chaude de Los Posones, j’ai dû remballer mes désirs de découverte de la région, et laisser place à la frustration engendrée par le mauvais temps qui s’est abattu durant deux jours sur la ville et qui ma poussé à la quitter pour mon ultime étape chilienne : Valdivia.


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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 14:32

Après mes heures agréables à Valparaíso, qui se sont terminées par le partage du déjeuner avec Maribelle, une Colombienne qui habita longtemps chez Ingrid et Julio, et qui est maintenant leur voisine ; j’ai pris la route de la capitale.

 

A Santiago, j’ai commencé par commettre une erreur. En effet, j’avais réservé au préalable une auberge, par le biais d’un site qui m’avait été recommandé. Or, cette auberge, apparaissait aussi en tête du fameux guide anglo-saxon “lonely planet” et je me suis donc retrouvé dans le genre de lieu que je déteste. Au-delà du lieu qui était absolument magnifique, j’ai eu droit au genre de spécimen que j’appelle les “low backpackers” soit les “voyageurs sac à dos inintéressants”. Ceux-ci sont de jeunes anglo-saxons, pour la majorité, qui ne conçoivent le voyage que comme ils consomment une bière ; c’est-à-dire, vite, sans lever le nez, à l’excès, et surtout, sans respect de la collectivité. Se retrouver dans un dortoir avec trois ou quatre énergumènes comme ceux-là peut vite transformer un séjour en cauchemar. Pour ma part, dès le premier matin, j’ai petit-déjeuner avec Linda, une hollandaise qui partageait ma vision des choses concernant nos “low backpackers” et qui m’invita à fuir et découvrir Santiago. Je lui ai donc emboité le pas et nous avons parcouru ensemble le Cerro San Cristóbal et le Cerro Santa Lucia. En rentrant nous avons rencontré John, un Londonien sur le retour, qui nous proposa un resto sympa à deux pas de l’auberge, où nous avons mangé dans un décor viking, assez en rupture avec la culture chilienne, mais cependant très agréable.





Le second jour j’ai largement flâné dans mon quartier et surtout profité de ma soirée pour enfin aller voir le long métrage concernant Ernesto Guevara. En effet, depuis plusieurs semaines je cherchais à voir ce film et ici l’occasion s’est présentée. Je me suis régalé d’un bon moment cinématographique, dont les plaisirs me manquent depuis 6 mois. En réalité ce ne fût pas vraiment un régal, car, au-delà de la qualité du jeu de Benicio del Torro, et de la parfaite réalité des faits, je fus triste de voir une énième peinture de cet homme en tant que guerrier. En effet, il est indéniable qu’il fût “comandante” mais j’aurais aimé qu’un film offre enfin les clés de compréhension de ce choix. Guevara était un homme de foi, qui croyait plus fort que tous en ses idéaux et qui dut à un cheminement politico-intellectuel son statut de militaire. J’aurais donc aimé que ce cheminement ne soit pas occulté car, pour la majorité de ceux qui iront voir ce film, sans connaissance particulière de l’homme, ils verront l’image d’un guerrier qu’il n’était pas se renforcer dans leurs esprits. C’est bien dommage, car comme disait Sastre dans les années 60, “Guevara est l’homme le plus complet de notre génération” il a donc encore bien des choses à nous offrir de son défunt, encore faudrait-il que l’on veuille ouvrir les yeux sur ce qu’il était vraiment.



 










 Plaza del armas a Santiago.                                           La Chascona, la maison de Pablo Neruda.



Enfin, de Santiago je garderai l’image d’une capitale sympathique qui, à l’image de Paris, vit un été étouffant sous une chape de plomb, et qui reste malheureusement un peu éloigné de ce que peut être le Chili.

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:44

De l’Argentine mon passage au Chili fût salué par le plus haut sommet d’Amerique du Sud, l’Aconcagua.

 

Arrivé en cette ville portuaire située à 100 km au nord ouest de Santiago, l’air venu de l’océan Pacifique apportait un peu plus de douceur à mes soirées. Mais, de douceur je n’en manquerais pas durant mon séjour puisque à peine débarqué, j’ai été interrogé par une gentille dame qui me demanda d’où je venais et ce que je venais faire ici. Pour que quelques minutes bien souriantes après, elle me guide chez elle en m’ayant proposé de partager la vie de sa famille et de me loger dans une chambre qu’elle loue à des étudiants durant l’année universitaire. Je n’ai pas hésité et j’ai bien fait car j’ai passé trois tours hauts en couleurs chez Ingrid et Julio. Les Chiliens se couchent très très tard, écoutent la musique très fort, parlent fort, boivent beaucoup de bière et de vin et aiment partager du temps entre amis et famille. Soit ! Voila comment j’ai occupé mes soirées et j’en fus comblé car j’ai appris une multitude de choses sur leur vie, leurs occupations, leurs attentes, leur regard sur le monde extérieur et surtout sur les années de dictature qu’ils ont vécu plus jeunes. Cette expérience fût éreintante car le matin, quand mes hôtes restaient au lit jusqu’à 10 ou 11h, et bien moi je filais de bonheur parcourir les rues escarpées et colorées de Valpo.

 

Cette ville, au delà d’être un port à trafic international et la dernière ville de résidence du célèbre poète chilien Pablo Neruda, est d’une beauté époustouflante et notamment le Cerro Bellavista ou de nombreux artistes ont laissé libre court à leur talent sur les murs du quartier. J’ai eu par ailleurs la chance de prendre les célèbres “ascensores” qu’empruntent énormément les habitants pour gravir les pentes de la ville et qui permettent d’atteindre les “Cerro”, ces collines qui offrent de très beaux points de vue sur l’océan et le bas de la ville.

 

Valparaíso est cependant une ville relativement pauvre où les quartiers populaires, comme celui où je vivais, sont nombreux. Cette ville allongée le long de l’océan ne ressemble à aucune autre et offre un caractère poignant et contrasté entre la ferraille et la rouille du port, et les couleurs qui couvrent les “cerro”. Je comprends pourquoi Neruda est venue exprimer sa poésie en ces lieux. Il eu écrit d’ailleurs entre les murs de la “Sebastiana” (sa maison du cerro Bellavista): “Si yo fuera creyente, diría que Valaparaiso es la mejor obra de dios” soit “Si j’étais croyant, j’aurais dit que Valparaíso est la plus belle oeuvre de dieu” Pablo Neruda.

 

Américalement.

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 22:30
C’est par l’entrée septentrionale que nous avons franchi la frontière vers le Chili, ce pays qui s’étend sur près de 6000km le long du Pacifique. A Arica, ce qui nous a surpris de prime abord c’est l’aspect beaucoup plus riche de la ville qui refleta l’image d’une cité espagnole à nos yeux. La vie est aussi plus chère, en effet nous nous sommes surpris à dédaigner un repas a 3 euros car nous venions de payer moitié moins dans le pays précédent. Nous sommes vite revenus à la raison et avons profité d’une bonne tournée dans cette petite ville cotière ou une immense dune de sable vient grignoter de l’espace sur certains quartiers. Une petite grimpette sur “el morro de Arica” nous a d’ailleurs offert un formidable point de vue et a permis a Juan Pedro de se joindre a San Cristóbal afin d’offrir sa benediction et sa protection à la ville.

Arica fût enfin le point de départ de notre deuxième nuit de bus en direction de San Pedro de Atacama. Une nuit beaucoup moins confortable que la précedente car le bus s’approchait beaucoup plus d’un bus classique mais surtout parce que celui ci était rempli d’hommes, de femmes, d’enfants et de paquets jusqu’au plafond ¡ Effectivement, les chiliens du nord n’hésitent pas à faire plusieurs heures de bus pour aller quérir produits de consommation et achats de Noel a moitié prix. Cette experience fût interessante car nous étions loin d’imaginer qu’un bus puisse avoir cette contenance. Je crois qu’en France il nous aurait fallu trois bus comme celui-ci, sauf qu’ici ils ont l’art d’optimiser chaque centimètre carré !


     



































En milieu de matinée nous avions atteint San Pedro, la porte du desert d’Atacama, le desert le plus aride du monde. Ici, dans certaines parties il n’a pas plu depuis plus de 400 ans et la pluviométrie moyenne de la zone avoisine 0 à 50mm d’eau par an. San Pedro est notre première étape à ce point depaysante. Pour ma part j’y retrouve un style très proche de Figuig (dans l’est Marocain) avec ces rues sablonneuses, ces murs en terre cuite, ces couleurs et son soleil. Ici il règne une ambiance de bout du monde, même si la manne touristique impose largement son lot de voyageurs de tout type. Voila trois jours que nous passons ici, trois jours que nous avons mis à profit pour poser les yeux sur les joyaux de la région : Vallée de la Mort, vallée de la Luna, Quebrada de Toconado et bien sur le salar d’Atacama et sa merveilleuse réserve de flamands roses. Le soleil est pour nous, a chaque seconde, au zenith et nous avons la chance de nous emerveiller a trois, de partager ces moments uniques dans l’un des plus beaux endroit du monde. Mais tout cela n’est qu’un début puisque nous avons atteint le point le plus meridional de notre périple familial et nous entamons demain notre lente remontée vers le symbol culturel des Andes qui symbolisera la fin du voyage. Auparavant, nous nous appretons à passer trois jours sur l’altiplano, dans un lieu magique ou l’addition paysagère risque d’être salée !

Americalement
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