Le récit des pérégrinations d'un jeune rêveur parti faire le plein de bonheur.
Parti de Montañita le 28 au soir, je me suis offert une nouvelle nuit de bus pour rejoindre Riobamba, une petite ville logée au pied du célèbre Chimborazo (le volcan le plus haut de l’Equateur avec ses 6310 m) au beau milieu de ce qui forme les prémices des Andes. Cette cité ne semblait pas avoir un attrait particulier (cela s’est confirmé), sauf que je doutais de cela et si j’étais là, en ce matin froid, c’était pour une chose bien précise : le met qui régale mon voyage, le Marché. Cette ville est en effet reconnue pour son marché qui draine des milliers de personnes à plusieurs dizaines de kilomètres alentours et surtout des milliers d’indigènes venus des Andes. J’ai eu le droit au spectacle au grand complet puisque j’étais sur les lieux à 6h pour y voir chacun des protagonistes venir doucement animer le balai du commerce alors que les rayons du soleil apparaissaient tout juste au dessus des toits. En spectateur adorateur j’y ai ouvert grand les yeux, laissé mon odorat me guider et tendu l’oreille sur chacun des étales. J’ai pu satisfaire mon manque puisqu’en addiction avec tant de couleurs, de musique, de senteurs, d’hommes, je me suis laissé submerger par la vague de ce bazar m’y sentant « comme un poisson dans l’eau ». Les marchés sont un concentré intense de vie, une sorte de fenêtre, de thermomètre pour le voyageur que je suis qui veut goûter à la réalité d’un territoire et d’un peuple qui n’est pas le mien. Une fois les yeux remplis à ras bord, le cœur gonflé et quelques provisions d’images dans le panier numérique j’ai filé à Baños où j’allais passer deux jours et demi délicieux.

Americalement