Le récit des pérégrinations d'un jeune rêveur parti faire le plein de bonheur.
De l’Argentine mon passage au Chili fût salué par le plus haut sommet d’Amerique du Sud, l’Aconcagua.
Arrivé en cette ville portuaire située à 100 km au nord ouest de Santiago, l’air venu de l’océan Pacifique apportait un peu plus de douceur à mes soirées. Mais, de douceur je n’en manquerais pas durant mon séjour puisque à peine débarqué, j’ai été interrogé par une gentille dame qui me demanda d’où je venais et ce que je venais faire ici. Pour que quelques minutes bien souriantes après, elle me guide chez elle en m’ayant proposé de partager la vie de sa famille et de me loger dans une chambre qu’elle loue à des étudiants durant l’année universitaire. Je n’ai pas hésité et j’ai bien fait car j’ai passé trois tours hauts en couleurs chez Ingrid et Julio. Les Chiliens se couchent très très tard, écoutent la musique très fort, parlent fort, boivent beaucoup de bière et de vin et aiment partager du temps entre amis et famille. Soit ! Voila comment j’ai occupé mes soirées et j’en fus comblé car j’ai appris une multitude de choses sur leur vie, leurs occupations, leurs attentes, leur regard sur le monde extérieur et surtout sur les années de dictature qu’ils ont vécu plus jeunes. Cette expérience fût éreintante car le matin, quand mes hôtes restaient au lit jusqu’à 10 ou 11h, et bien moi je filais de bonheur parcourir les rues escarpées et colorées de Valpo.
Cette ville, au delà d’être un port à trafic international et la dernière ville de résidence du célèbre poète chilien Pablo Neruda, est d’une beauté époustouflante et notamment le Cerro Bellavista ou de nombreux artistes ont laissé libre court à leur talent sur les murs du quartier. J’ai eu par ailleurs la chance de prendre les célèbres “ascensores” qu’empruntent énormément les habitants pour gravir les pentes de la ville et qui permettent d’atteindre les “Cerro”, ces collines qui offrent de très beaux points de vue sur l’océan et le bas de la ville.
Valparaíso est cependant une ville relativement pauvre où les quartiers populaires, comme celui où je vivais, sont nombreux. Cette ville allongée le long de l’océan ne ressemble à aucune autre et offre un caractère poignant et contrasté entre la ferraille et la rouille du port, et les couleurs qui couvrent les “cerro”. Je comprends pourquoi Neruda est venue exprimer sa poésie en ces lieux. Il eu écrit d’ailleurs entre les murs de la “Sebastiana” (sa maison du cerro Bellavista): “Si yo fuera creyente, diría que Valaparaiso es la mejor obra de dios” soit “Si j’étais croyant, j’aurais dit que Valparaíso est la plus belle oeuvre de dieu” Pablo Neruda.
Américalement.