Le récit des pérégrinations d'un jeune rêveur parti faire le plein de bonheur.
Voilà presque 20 jours que je refoule le sol de France, presque 20 jours que je survole ce monde. Les sentiments de joie et d’allégresse véhiculés par les retrouvailles avec la famille et les amis n’effacent pas l’ardoise que j’ai laissée sur d’autres Terres. J’ai entrepris une relation étroite avec moi-même et les autres, où l’expression de mes envies est nourrie de curiosité et d’envies d’ailleurs. Je me sens totalement spectateur de ce balai bien orchestré et alors que la vie reprend doucement son cours je me débats pour ne pas me faire hypnotiser par ce prestidigitateur travaillant pour l’oncle Sam. J’ai peur de m’épuiser et d’accepter de mettre de côté les rêves dont j’ai vécu les prémices. Il est donc évident pour moi que cette aventure, comme à l’école primaire, a fait de moi un écolier de la vie et que ma fenêtre de quelques mois en France me permettra de recharger le cartable de beaux livres, de cahiers et d’un petit goûter pour les longues heures de route. Je ne me pose pas là en repoussoir, rejetant toutes formes de vie occidentale en bloc, non, bien au contraire. Je suis né français, je resterai français et les gens qui comptent le plus pour moi seront toujours ma famille et mes amis. Voilà pourquoi je ne fuis pas ma terre mais, comme un explorateur, c’est l’avidité d’autres cieux et la boulimie de rencontres et de compréhension de ce monde, qui fait fluer en moi le sang du nomade.
Le commandant de bord a contacté ma tour de contrôle, en affirmant que pour cause de mauvais temps, l’atterrissage était impossible ! Je vais donc attendre de pouvoir sortir le train pour me poser en douceur et refaire le plein d’essence. Le temps de réinjecter du rêve jusqu'à ras bord car comme disait Moitessier dans La longue route : « Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves… ». Je ne veux pas arrêter ma quête d’utopies et surtout ne pas passer à côté d’une conscience que je voudrais chaque jour un peu plus éclairée en sacrifiant cela sur l’autel d’un quotidien qui ne me correspond pas.
Je profite de mes premières lignes post-retour pour remercier du fond de mon cœur tous ceux qui m’entourent depuis plus de 9 mois et encore plus depuis 20 jours. Je suis très touché par l’intensité de mes retrouvailles et par tous les témoignages de soutien et de compréhension que peut véhiculer le blog et ces moments de partage.
« La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant » Sören Kierkegaard.
Américalement.