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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 20:38

San Cristóbal de las Casas

 

Le coup de foudre, me voila littéralement tombé amoureux de cette ville. Capitale culturelle de l’état du Chiapas elle mérite pleinement son rang tant cette bourgade transpire de couleurs, d’art, de musiques, d’échanges, de cosmopolitisme. D’ailleurs, je ne semble pas être le seul à aimer cet endroit car au-delà du nombre incroyable de touristes de toutes origines, il y a ici beaucoup d’européens, pour la plupart routards, qui ont déposé leurs valises ici pour profiter de la douceur de vivre de cette cité perchée à 2300m d’altitude en pleine Sierra Madre de Chiapas.

J’ai écoulé trois jours suaves et sereins entre longues balades dans ces rues pavées aux maisons ornées de milles couleurs, musées d’anthropologie, petits cafés sympas pour les longs moments d’écriture et belles rencontres. En effet, comme par enchantement j’ai retrouvé à mon arrivée dans un des multiples hôtels de la ville, dans mon dortoir, sur le lit voisin, Yoël, un collègue routard venu d’Israël que j’avais rencontré près de quinze jours auparavant à Oaxaca. Dans ce même dortoir un troisième compère est venu se joindre à nous, Rodrigo, un argentin sur la route depuis 6 mois et qui transitait ici pour ses derniers jours, avant de rejoindre son pays. Enfin, Tess et Amyh, deux Australiennes fort sympathiques et pleines d’entrain ont complété notre bande qui se voudrait difficilement plus cosmopolite afin de partager de belles soirées autour d’une bière dans le bar inévitable de la ville : la revolucion !


 










Enfin, le dernier jour de mon passage en cette formidable cité fut le plus notable. Parti une nouvelle fois au gré des intuitions je me suis retrouvé en périphérie du village où se tenait l’un des plus beau marché vu à ce jour. Une foule dense et compacte où chacun essayait de trouver son chemin entre les étales de fruits, légumes, vêtements et mille choses toutes plus différentes les unes que les autres. Tout cela, une nouvelle fois, baigné de musique que les mexicains aiment écouter très forte et de mille odeurs émanant apparemment d’un point central. Alors, après une heure de pérégrinations dans ce labyrinthe de sensations j’ai tenté de suivre ces odeurs en pénétrant dans les trous de souris laissés entre deux étalages pour découvrir au centre du marché une sorte d’amas organisé de tables couvertes de toiles cirées entre lesquelles des centaines de femmes s’affairaient à faire vivre les feux qui brulaient sous d’immenses gamelles. Voilà la provenance des odeurs ! Comme un trésor, un petit écrin préservé de l’œil du touriste, les mexicains venus des villages alentours pour ce marché se retrouvent ici pour partager des déjeuners copieux et préparés « à la bonne franquette ». Il est vrai que l’image tout à fait artisanale de ces cuisines pourrait faire reculer pas mal de mes semblables, moi j’y ai vu l’endroit parfait pour enfin partager une bribe de vie purement mexicaine. Ma présence et mon attablement a attiré les regards et provoqué l’étonnement des cuisinières. Après une minute d’observations j’ai eu droit à un accueil chaleureux, mais timide, me proposant de multiples mets qui semblaient tous plus gouteux les uns que les autres. J’ai finalement opté pour du poulet accompagné de riz, de tomates, quelques légumes, un délice. J’ai surtout eu droit à la rupture de la glace franche et nette qui m’a permis de passer près de deux heures attablé à discuter avec une maman me demandant le nom de tous les membres de ma famille, une jeune fille de 15 ans qui m’expliquait qu’elle préférait travailler ici plutôt que d’aller à l’école, ou une grand-mère m’interrogeant sur ma provenance et sur ce qui, que diable, m’amenait ici ! Expérience inoubliable et réjouissante je suis sorti de ce petit monde dans le monde le ventre plein (pour moins de 3 euros !) et les yeux encore piquants de tant de couleurs et d’émotions.

 

Palenque


Lendemain de cette expérience incroyable me voila de nouveau sur la route où, pour la première fois, il m’a fallu me convaincre que le seul moyen de rejoindre la prochaine étape en profitant des sites naturels, le tout dans un temps raisonnable, était de faire cela avec un “tour organise”. Première et dernière fois me suis-je dit le soir venu ! Certes, les sites visités ont été formidables mais la montre comme régulateur non merci !

 

Agua Azul, une sorte de succession de cascades offertes par le découpage en escalier des strates calcaires qui forment le lit de la confluence de tríos rivieres (Otulún, Shumuljá y Tulijá), fut le premier arrêt. Encore un de ces Lieux où le monde autour n’existe plus, capté par la beauté et la majesté des eaux qui s’écoulent, on reste bouche bée et on contemple sans s’imaginer une seule seconde que cette merveille est en train de façonner un peu plus le paysage. Les sédiments arrachés aux versants de leurs bassins confèrent aux eaux une couleur extraordinaire et agissent un à un comme des pointes de diamant pour nous offrir la plus belle des sculptures, le tout dans un bruit assourdissant et une humidité incroyable.

En effet, descendus sérieusement depuis notre départ au matin de San Cristóbal, nous voici en pleine zone tropicale, étreins par une chaleur incroyable et une humidité tout autant surprenante qui rend les déplacements pénibles et le souffle court, mais cela n’est qu’un début.

 

Misol-ha, deuxième stop de la journée, un cran de plus dans la chaleur et l’humidité et un cran de plus dans la majesté des lieux. Tout d’abord, à l’approche, c’est un bruit incroyable, un vrombissement qui semble venir des entrailles de la Terre, puis on l’aperçoit, une chute d’eau vertigineuse de près de 30m de haut qui termine sa course dans un bassin circulaire qui a tout d’une piscine naturelle. Alors, cette rupture dans l’écorce terrestre qui se trouve sur le trajet de l’écoulement de l’eau a fait de cet endroit un lieu magique où l’on reste tranquillement les yeux grands ouverts en attendant que notre cher guide nous rappelle à l’ordre pour tout gentiment remonter dans le bus direction Campeche.

 







Les ruines de Palenque furent donc l’ultime arrêt de la journée où le guide nous a royalement accordé deux heures que j’ai largement mises à profit pour explorer ces ruines qui sont en grande partie couvertes par la jungle. L’un des ensembles le plus important du monde Maya et pour moi l’un des plus impressionnant à ce jour. Les pierres calcaires couvertes de lichens et édifiées jusqu’à plus de 30m de haut dans un style architectural parfait. Des temples éventrés par des fromagers géants, et une cité parcourue par une petite rivière où, là encore, la roche mère offre de superbes cascades dans une jungle dense créant un décor tiré tout droit d’un film d’Indiana Jones. Enfin, la tropicalité a atteint son apogée, il fait près de 40 degrés au soleil, une humidité de plus de 80 % et je fais pleinement connaissance avec les habitants les moins sympathiques des lieux : les moustiques. Alors à la manière d’une vache chassant ses mouches j’ai passé le plus clair de mon temps à observer les temples à travers les mouvements de mes mains pour chasser l’intrus tentant de prélever un peu de mon sang et par la même occasion, m’inoculer le palud qui fait sa réapparition depuis quelques temps dans la région.


  

 












 














Une fois les yeux remplis à raz bord j’ai eu la joie de dire au revoir à mes confrères touristes qui repartaient direction San Cristóbal car moi je restais pour la nuit, tout près des ruines, dans le lieu-dit El Panshan où ont fleuri, depuis plusieurs dizaines d’années, de petits hôtels proposant de passer la nuit dans une cabane en pleine jungle (ou presque). A peine arrivé et déposé mon sac dans ma cabane j’ai eu la joie de retrouver Tess et Amyh mes deux amies Australiennes qui ont pris la même route que moi. Nous avons donc une nouvelle fois partagé cette soirée dans la jungle ensemble, j’y ai même appris à jouer au Uno avec les règles Australiennes ¡ Mais j’ai surtout fait la connaissance de Hélène et Jean-Bernard qui, sur la table à côté de la notre, ont échangé quelques mots en Français qui ont attiré mon oreille et m’ont obligé à les saluer. Alors, j’ai découvert deux personnes passionnées par les ovnis et la communication extraterrestre, venus dans la région et surtout allant dans le Yucatán pour l’arrivée très prochaine de la révélation d’une vie extraterrestre qui s’affirmerait ici. La présence des temples mayas dégageant une énergie très forte y serait formidablement propice. Ma curiosité toujours intacte je n’ai pu m’empêcher de poser mille questions et donc de créer un échange dévoilant nos vies, nos visions et nos projets respectifs ce qui a eu pour effet de transporter complètement Jean-Bernard m’affirmant que la grandeur de mon être faisait de moi quelqu’un d’à part (apparemment il en frissonnait) qui recevait et était guidé imperceptiblement par cette force supérieure. Incroyable mais vrai, cela s’est passé comme ça avec eux et je peux vous affirmer qu’au-delà de l’étrangeté de la conversation, elle fut réellement passionnante. Comme un amoureux de sa religion qui vous parle de sa vision du monde sans vous tirer aux forceps vers un dieu meilleur que son voisin. Non, réellement, ce fut fort instructif et intéressant alors il me reste maintenant à voir si le destin va s’affirmer et si ma vie va véritablement prendre l’ampleur qu’elle semble devoir prendre…

Quoi qu’il en soit j’ai passé une petite nuit dans ma cabane en compagnie des singes hurleurs qui ne m’ont laissé que peu de répit puisque je repartais à 6h du matin direction le Guatemala.   

Americalement. 
  

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commentaires

Karine 28/10/2008 05:55

On te racontera pour les extraterrestres qd on ira ds le Yucatan!! hihihi
par contre c'est pas Campeche mais Palenque. Bisous et amuse toi bien avc les Guatemaltequeses ;-(

Nico 28/10/2008 19:30


LOl ! Pourquoi j'avais ecrit Campeche ? Ce voyage serait il en train de me griller des neurones ?
Et attention, on ne se moque pas de mes amis interesses par la vie extra terreste, c'est une passion comme les autres et ils etaient au demeurant tres captivant.
En ce qui concerne las guatemaltecas : Joker !
Bisous